L'immortalité de l'âme dans les religions d’Égypte et d’Orient

Les Égyptiens de l’Antiquité croyaient en l’immortalité de l’âme, et ils avaient leur propre conception de l’au-delà. Un trait étonnamment dominant de la religion égyptienne était son intérêt pour les morts et le souci d’assurer leur confort et leur bonheur après le "changement", le décès. La croyance en la réincarnation ou en la transmigration de l’âme imprégnait tout. On croyait l’âme immortelle, mais on pensait qu’il fallait quand même conserver le corps humain pour que l’âme puisse à l’occasion y revenir et s’en servir. C’est à cause de cette croyance que les Égyptiens embaumaient leurs morts. La tombe où ils plaçaient le corps momifié était considérée comme la “ maison ” du défunt. Par ailleurs La Nouvelle Encyclopédie britannique explique: "Dans la description des textes funéraires égyptiens, le chemin qui mène au monde d’après est semé de terribles dangers: monstres épouvantables, lacs de feu, portes que l’on ne peut franchir sans formules magiques, et un sinistre passeur dont il faut déjouer par la magie les desseins maléfiques."

Les religions indo-iraniennes ont forgé diverses croyances sur la vie après la mort. Par exemple l’éthique et le comportement d’un hindou sont intimement liés à la loi du Karma, selon laquelle chaque acte porte des fruits, bons ou mauvais. C’est le Karma qui détermine chacune des renaissances que connaîtra l’âme par le jeu de la transmigration, ou réincarnation. Le Garuda-Purana donne ces explications:

“L’homme crée lui-même son propre destin, et même dans sa vie fœtale il subit la dynamique des œuvres accomplies au cours de son existence antérieure. Qu’il se terre dans la montagne ou s’assoupisse au cœur de la mer, qu’il soit en sécurité sur les genoux de sa mère ou tenu à bout de bras au-dessus de la tête maternelle, l’homme ne peut échapper à ses actions passées. (...) Quel que soit le moment, ou quelle que soit l’époque, tout ce qui doit lui advenir l’atteindra à coup sûr, exactement à la date prévue.”

On lit encore:

“La connaissance acquise durant l’existence précédente, les biens offerts par charité au cours de la vie antérieure et les œuvres accomplies lors d’une incarnation antérieure, tout cela précède l’âme de l’homme dans le lieu où elle se rend.”

Sur quoi s’articule cette croyance? La doctrine du Karma est indissociable de la notion d’âme immortelle. Les hindous croient que chaque âme individuelle, jiva ou pran, connaît de multiples réincarnations et peut-être aussi l’“enfer”. Elle doit donc s’efforcer de s’unir à la “Réalité suprême”, au Brahman, ou Brahm (à ne pas confondre avec le dieu hindou Brahmâ). Toute la vie d'un être humain consiste à suivre un ensemble de règles et de prescriptions pour éviter que son âme ne séjourne quelque temps en enfer.

Le bouddhisme originel se démarque de l’hindouisme en ce qu’il nie l’existence d’une âme immortelle, mais envisage l’homme comme “une combinaison de forces ou d’énergies physiques et mentales”. Il conserve néanmoins l’idée que tous les humains passent d’une vie à une autre au travers d’innombrables renaissances (samsâra) et qu’ils subissent les conséquences de leurs actes présents et passés (le Karma). Puisque le jaïnisme et le bouddhisme ont aussi leur version d’un enfer où les pécheurs impénitents sont tourmentés, ils soutiennent par conséquent l'idée d'une survivance après la mort. Il en est de même pour le zoroastrisme, fondé en Iran, ou Perse, qui a aussi un enfer — un lieu froid et nauséabond où les âmes des pécheurs sont tourmentées.

Par contre l'immortalité de l'âme est une notion qui est non seulement totalement étrangère au Saint Livre (elle n'apparaît pas une seule fois dans tout le texte sacré), mais également en opposition avec l'enseignement relatif à la résurrection des morts.

REMARQUE : le Saint Livre fait bien référence à l'immortalité (athanasia) en rapport avec Dieu (qui vit depuis des temps indéfinis et pour des temps indéfinis), Jésus-Christ (qui l'a reçue à sa résurrection et possède désormais une vie immortelle), ou ceux qui sont ressuscités pour la vie céleste (leur résurrection est semblable à celle du Christ pour ce qui est de la nature). Peu de temps après la mort des apôtres, l'apostasie qui avait été contenue jusqu'alors, allait prendre beaucoup d'ampleur, et contaminer beaucoup de chrétiens et de congrégations. Certains hommes (ou femmes) influents allaient pousser la ou les congrégations en dehors des eaux pures de la VÉRITÉ enseignées par le Christ (Act 20:29-30; 2 Thes 2:6-8; 3 Jean 10; 1 Tim 4:1;1 Thes 3:5; voir également les 3 premiers chapitres du livre de la Révélation). Ces eaux pures qui ont été bues par ceux qui entouraient Jésus-Christ sont les enseignements et les paroles de vie du Messie (Jn 4:14; Rév 22:1).

Comme cela a été expliqué sur ces pages : le terme "immortalité"  ne concerne ni l'âme qui est le nèphèsh ou psukhê, c'est à dire le corps, ni le neshamah de vie qui est la respiration, ni le rouah ou pneuma qui est la force de vie qui anime les cellules de tous les êtres vivants, car :

La vérité sur l’enfer

À l'évidence, ce qui sous-tend  la croyance en l'immortalité de l'âme, c’est la doctrine selon laquelle l’homme réel ne meurt pas vraiment quand meurt son corps de chair, mais que quelque chose — souvent appelé une âme — survit à la mort du corps. Cette doctrine, comme nous l’avons vu précédemment, remonte aux premiers Sumériens et Babyloniens de Mésopotamie. Plus tard, elle a été adoptée par les Grecs, et peaufinée par leurs philosophes, comme Platon. Cette croyance raffinée dans le dualisme “du corps et de l’âme” s’est introduite dans les croyances tardives du judaïsme à partir de l'époque héllénistique. On peut en retrouver des traces dans les livres apocryphes ou deutérocanoniques, qui sont des livres non-inspirés.

Quand les “chrétiens” ont-ils adopté la croyance en une vie après la mort sans attendre la résurrection (même Jésus a dû attendre le 3ème jour pour que son Créateur le ressuscite. Voir Mat 12:38-40; Act 2:24-32)? Certainement pas du temps de Jésus et de ses apôtres, car comme nous l'avons vu : il ne s'agit d'un enseignement ni du Christ ni des apôtres. Les premiers chrétiens avaient des idées bien définies sur la question. Ils avaient appris dans les Écritures que les morts n’ont conscience de rien, car les Écritures hébraïques affirment: “Les vivants, en effet, se rendent compte qu’ils mourront; mais quant aux morts, ils ne se rendent compte de rien du tout, (...) il n’y a ni œuvre, ni combinaison, ni connaissance, ni sagesse dans le Schéol, le lieu où tu vas.” (Ecclésiaste 9:5, 10). Ces chrétiens croyaient en une résurrection qui aurait lieu pendant la “présence du Seigneur” à venir. (1 Thessaloniciens 4:13-17.) Ils n’espéraient pas être conscients quelque part en attendant ce moment.

Un dictionnaire théologique (Nuovo dizionario di teologia) explique qu’en lisant les Pères de l’Église, par exemple Augustin et Ambroise, “nous prenons conscience de quelque chose de nouveau par rapport à la tradition de la Bible: l’émergence de l’eschatologie grecque, fondamentalement différente de celle des judéo-chrétiens”. Ce nouvel enseignement s’appuyait sur “l’immortalité de l’âme [et] sur le jugement individuel dont découlerait la récompense ou la punition immédiatement après la mort”.

L’Encyclopædia Universalis déclare en effet: “L’Apocalypse [apocryphe] de Pierre (IIème siècle) est le premier ouvrage chrétien qui décrit les punitions et les tortures des pécheurs dans l’enfer”. Une autre encyclopédie (The New Encyclopoedia Britannica) dit également : "A partir du milieu du IIème siècle, les chrétiens qui avaient une certaine connaissance de la philosophie grecque
commencèrent à éprouver le besoin d'exprimer leur foi selon les termes de cette philosophie, tant pour leur satisfaction intellectuelle que pour convertir des païens instruits. La philosophie qui leur convenait le mieux était le platonisme". Deux philosophes des premiers siècles : Origène d'Alexandrie et Augustin d'Hippone, étaient profondément influencés par les idées de Platon et ont contribué à fondre ces idées avec les enseignements chrétiens.

Très tôt donc, l'amour et l'affection du Dieu Tout-Puissant ont été occultés par l'image d'un Dieu tyran et terrorisant ses créatures. Puis il apparaît même que parmi les Pères de l’Église primitive régnaient de nombreux désaccords au sujet de l’enfer. Justin, Clément d’Alexandrie, Tertullien et Cyprien penchaient pour un enfer de feu. Origène a essayé de donner à l’enfer une valeur réparatrice, en affirmant que les pécheurs confinés en enfer finiraient par être sauvés. Il a été suivi de plus ou moins près par Grégoire de Nazianze et Grégoire de Nysse. Mais Augustin a mis un terme à ces conceptions douces de l’enfer. Dans son livre Les doctrines des premiers chrétiens (angl.), J. Kelly, professeur à Oxford, écrit: “Au Vème siècle, la doctrine sévère voulant que les pécheurs n’aient pas de seconde chance après leur vie sur terre et que le feu qui les dévorera ne s’éteigne jamais s’était imposée partout.”

En ce qui concerne le purgatoire, le livre Orpheus Histoire générale des religions déclare: “Saint Augustin avait admis, entre la félicité future et la damnation, un état intermédiaire et d’attente, celui de la purification des âmes par le feu. C’est la doctrine orphique [du paganisme grec] et virgilienne [du paganisme romain] du Purgatoire; il n’y a pas un mot de cela dans les Évangiles. (...) La doctrine du Purgatoire (...) se constitua au VIème siècle et fut proclamée dogme de l’Église par le concile de Florence (1439).” “La doctrine catholique du purgatoire est fondée sur la tradition, et non sur l’Écriture sainte”, reconnaît la Nouvelle Encyclopédie catholique (angl.). Quant aux limbes, le cardinal Ratzinger admet qu’ils ne sont “qu’une hypothèse théologique”.

Et la Bible dans tout cela? Dit-elle que l’âme survit à la mort du corps et qu’elle peut par conséquent être punie dans un enfer de feu ou dans un purgatoire? La Nouvelle Encyclopédie catholique répond: “La notion de survivance de l’âme après la mort n’est pas aisément perceptible dans la Bible. (...) Dans l’A[ncien] T[estament], l’âme ne désigne pas une partie de l’homme, mais l’homme tout entier, l’homme en tant qu’être vivant. Pareillement, dans le N[ouveau] T[estament], elle désigne la vie humaine: la vie d’un individu.”

Ainsi tombe à plat la doctrine censée établir l’existence d’un châtiment après la mort. La Bible dit: “L’âme qui aura péché est celle qui mourra.” (Ézéchiel 18:4, Fillion, version catholique). Et encore: “La solde du péché, c’est la mort.” (Romains 6:23, Fillion). Par conséquent, lorsque la Bible dit que les méchants impénitents finissent dans la “Géhenne”, “le feu éternel” ou “le lac de feu”, elle ne fait qu’employer un langage symbolique pour montrer qu’ils subissent une mort définitive, “la seconde mort”.(Matthieu 23:33; 25:41, 46; Révélation 20:14; 21:8; voir aussi 2 Thessaloniciens 1:7-9).

L’enfer vidé grâce à la résurrection

Ainsi selon la Sainte Bible, Le Livre Sacré, l’enfer n'est pas brûlant. En effet, les mots hébreu et grec traduits dans certaines Bibles par “enfer” ne désignent que la tombe des humains. Il ne s’agit pas d’un lieu de tourments. C’est au contraire un lieu de repos, d’où les morts sortiront à la résurrection (Ecclésiaste 9:10; Actes 24:15). Oscar Cullmann, professeur à la faculté de théologie de l’université de Bâle, en Suisse, et à la Sorbonne, à Paris, fait état d’une “différence radicale entre l’attente chrétienne de la résurrection des morts et la croyance grecque à l’immortalité de l’âme”. Il dit, fort justement, que le lien “que le christianisme ultérieur [a] établi (...) entre les deux croyances (...), en réalité, n’est pas un lien, mais un renoncement à l’une [la doctrine biblique de la résurrection] en faveur de l’autre [la croyance païenne à l’immortalité de l’âme humaine]”. 

 

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