Considération historique au sujet de la trinité

L’enseignement des Pères anténicéens 

Problématique

Considération sociale et culturelle : L’héritage de la tradition

Considération biblique 
Jean 1:1     NEW
Rôle de Jésus-Christ au sein de la trinité 
Compléments d'information
Question-réponse des lecteurs

 

 

Considération historique

La notion de Trinité chère à certains chrétiens n'est pas un concept nouveau - c’est plutôt un concept très ancien. On en trouve les prémices tant chez les Égyptiens que chez les Chaldéens du deuxième millénaire avant notre ère.

Si l'on en croit le pasteur Alexandre Hislop, la primeur en reviendrait aux chaldéens. En Égypte au deuxième millénaire avant notre ère, la triade était composée de Horus, Osiris et Isis. «On faisait de la trinité un devoir pour les théologiens » (La religion égyptienne. Siegfried Morenz).  

 

A la même époque, à Babylone, c’était Ishtar, Sin et Schamash. Dans la religion indienne on trouve Brahmã, Siva et Vishnu. Ce n’est donc pas sans raison que l'encyclopédie catholique déclare : «Dans l'Écriture sainte il n'y a encore aucun terme par lequel les Trois Personnes Divines sont dénotées ensemble».

 

L’enseignement des Pères anténicéens ne manque pas d’intérêt. Les différents témoignages sont à considérer avec intérêt puisque leurs déclarations se situent à une époque plus proche des apôtres que ceux des conciles du IIIème et IVème siècle.

« Tous les écrivains chrétiens des trois siècles qui ont suivi la naissance du Christ, parlent, il est vrai, du Père, du Fils et du (...) Saint-Esprit, mais non pas comme étant coégaux, non pas comme étant d’une seule essence, numériquement parlant, non pas comme étant Trois en Un, dans aucun des sens admis par les trinitaires. C’est l’inverse qui est vrai ».

Le premier credo dans lequel il apparaît se trouve chez l'élève d’Origène, Grégoire Thaumaturgus (le Magicien). Dans son Ekthesis tes pisteos composé entre 260 et 270, il écrit: «Il n'y a donc rien créé, rien soumis à autre dans la Trinité : ni y a-t-il tout qui a été ajouté comme s'il n'avait pas une fois existé, mais était entré ensuite : donc le Père n'a jamais ét
é sans le Fils, ni Fils sans l'Esprit : et cette même Trinité est immuable et invariable pour toujours» (P. G., X, 986).


Quelques chrétiens, tenant du crédo de la trinité, déclarent que désormais la doctrine va s’affiner, parce que celle-ci est une révélation divine qui s’est faite progressivement dans le temps.

 

Problématique

La notion de trinité pose donc un sérieux problème. En effet, la question que chacun est amené à se poser est la suivante : puisque les Babyloniens et les Égyptiens ont exercé la foi en une trinité maintes fois décrites, et ce bien avant les chrétiens, Dieu se serait-il révélé plus particulièrement aux païens babyloniens, assyriens ou égyptiens, plutôt qu’à ses serviteurs dévoués comme Abraham ou Moïse qui ont précédé et annoncé le christianisme? (Note : annoncer par avance le Messie ou Christ, ainsi que le fait de le suivre, n'est-ce pas annoncer le messianisme ou le christianisme? Voir Deut 18:15; Gen 49:10; Act 3:22). 

Abraham a traversé tout un pays étranger en compagnie de son père Térah. Le texte de la Genèse fait le récit suivant :"Après cela, Térah prit Abram, son fils, et Lot, fils de Haran, son petit-fils, et Saraï, sa belle-fille, femme d'Abram, son fils, et ils sortirent avec lui d'Ur des Chaldéens pour aller au pays de Canaan. Par la suite, ils arrivèrent à Haran et s'y établirent".

Il est indéniable qu'Abraham a eu connaissance du faux culte de son pays natal. Or, il ne fera jamais référence à un Dieu en trois personnes. Et ce n'est pas l'expression Élohim, dieux au pluriel de Majesté (correspondant au terme français"Votre" ... majesté), qui peut nous convaincre d'un aspect trinitaire.(Note : quelques-uns voient l'expression de la trinité dans le dialogue d'Abraham avec les trois anges. Mais il était coutumier dans l'antiquité de considérer le messager avec autant d'honneur et de rang que celui qui l'envoie). 

Quant à Moïse? Il ne fait aucun doute qu'ayant été élevé dans toute la sagesse des Égyptiens, il était tout à fait informé du faux culte qui se pratiquait, selon ce que déclare le récit de Flavius Joseph (également le livre des Actes des Apôtres, chapitre 7, verset 22).

N'y a-t-il pas là un non-sens, une flagrante contradiction? Si Dieu était la trinité que quelques chrétiens d'aujourd'hui affirment comprendre, étant donné les conceptions de l'époque : il n'y a aucun doute, qu'Abraham ou Moïse en aurait au moins fait mention? 

Qui plus est, Abraham et Moïse ont été introduits dans des relations d’alliance avec Dieu, ce qui n’a pas été le cas des païens. Les païens auraient-ils eu une notion de Dieu plus vraie que les authentiques serviteurs de Dieu ?

Par conséquent, n'est-il pas  plus sensé de croire que Dieu se serait davantage révélé à ceux qui sont comme Abraham appelés « amis », plutôt qu’à ceux qui sont déclarés ennemis (1 Sam 2:30; Ps21:8; Ps68:1;Ez14:14)?

Sans entrer dans un débat doctrinal, n'est-il pas plus logique de considérer que d’un point de vue purement historique une invraisemblance de taille se présente à celui qui soutient le credo de la trinité?

La doctrine de la Trinité soulève d'autres problèmes encore qui remettent en cause le salut et la rançon. Voici quelques-unes des difficultés que crée cette doctrine eu égard la rançon que le Christ a payé de sa mort. 

I) Si Jésus était le Dieu Tout Puissant pourrait-il aussi être la rançon équivalente à Adam ? (1 Tim 2:6 ; Mat 20:28; Mc 10:45; Col 1:14) . 

Car, si Jésus est la rançon correspondante et que l'on admette que Jésus était le Dieu Tout Puissant, cela ne reviendrait-il pas à dire qu’Adam était lui aussi un Dieu Tout Puissant ?

Puisque le Livre Sacré, nous enseigne qu'Adam vient de la poussière et qu'il est un homme au dessous des anges, il ne pourrait pas y avoir d’équivalence entre Adam et Jésus. Dans ce cas, quelle partie de Jésus serait morte pour payer la rançon ? Si ce n'est qu'une partie, peux t-on dans ce cas dire que Jésus était réellement mort? Parce que s'il n'était pas réellement mort, il ne pouvait pas y avoir de résurrection. Parce que pour ressusciter, il faut d'abord mourir. Maintenant, si c'est le corps de Jésus qui est mort et pas son être complet, Adam aurait-il une âme immortelle qui aurait survécu au péché ? Si c’est le cas pourquoi ne pas laisser vivre l’âme là où elle est ? 

Cette âme serait-elle au Paradis ou en enfer? Bénéficierait-elle des mêmes conditions que les autres créatures spirituelles qui n’ont pas péché ? 

Si c’est en enfer, quand ce lieu est-il apparu? Un Dieu d’amour peut-il créer un tel lieu? Pour qui et en prévision de quoi un Dieu d’amour aurait-il créé un tel lieu ? Si Dieu avait créé un tel lieu pourquoi Adam n’en a-t-il pas été averti ? Était-il juste pour Adam de recevoir une sanction inattendue? 

Puisque quelques uns disent que Jésus sur Terre était homme. Serait-il mort et descendu dans la tombe? Si oui, qui l'a ressuscité? S'il s'agit de son Père, n'est-il donc pas bien différent? Parce que s'il n'est pas mort, il n'y a pas de rachat et par conséquent pas de salut.

Pour la définition du mot âme voir sur ce site QU'EST-CE QUE L'ÂME 

II) Quelle était la sanction du péché : la vie ou la mort ? Peut-on considérer qu’une créature qui possède une âme immortelle soit morte. Si elle l’est aux yeux des humains, elle ne le serait pas aux yeux de Dieu. Dans ce cas comment comprendre l’expression divine « assurément tu mourras » qui exprime ce qu’Adam deviendrait aux yeux de Dieu ? Si Adam mourrait véritablement où iraient ses descendants ?

Par conséquent qui aurait payé la rançon : Jésus ou YeHoWaH. S’il s’agit des deux n’y aurait-il pas deux rançons ? Si c’est Jésus aux yeux de qui était-elle satisfaisante ? Si c’est aux yeux de YeHoWaH n’est-ce pas lui qui a édicté la loi ? S’il a édicté la Loi, Jésus pourrait-il être législateur à l’égal de Dieu (Is 33 :22).

Qui des deux aurait fourni la rançon ?

III) Si Jésus est l’égal de Dieu où est le médiateur ("Car il y a un seul Dieu et un seul médiateur entre Dieu et les hommes, un homme: Christ Jésus". 1Tim 2 :5. Remarquez que lorsque l'apôtre saint Paul parle, Jésus-Christ est ressuscité depuis plus de trente ans). Le médiateur n’est-il pas entre le plaignant et celui qui applique la justice (le Juge) ? Lui est-il égal ou subordonné. S’ils sont égaux pourquoi l’apôtre a-t-il décrit le rôle du prêtre subordonné à Dieu et qui s’applique à Jésus-Christ ? (Lettre aux Hébreux). S’il y a bien médiation, décrivez cette médiation. Comment s’opère t-elle ?

IV) Le christianisme est aussi la réalisation de la Nouvelle Alliance. Dans un sens spirituel, les chrétiens introduits dans cette Nouvelle Alliance sont "nés de nouveau" (Jn 3:1-10). Ils deviennent les frères du Christ par leur adoption filiale (Heb 2:11, Gal 4:26, ). Si Christ a des frères, et si le Christ est le Dieu Tout Puissant, Dieu le Père aurait-il des frères? Facétie n'est-ce pas? 

Considération sociale et culturelle: L’héritage de la tradition

Jésus le Nazaréen, est né d’une juive, sous la loi. Sa famille fut sans aucun doute choisie pour son attachement à la Thora. Le futur Christ, sera ainsi éduqué dans toute la loi de Moïse. Il apparaît clairement dans les évangiles qu’il en fut de même pour tous les premiers disciples, jusque vers l’an 34 environ. Un peu plus tard l’apôtre saint Paul aura fort à faire avec les chrétiens d’origine juive qui voudront établir la circoncision parmi les gentils convertis au christianisme. A tel point qu’une réunion ou concile aura lieu. Le récit que nous en avons dans le livre des Actes des Apôtres (Chapitre 15), nous montre que le collège des anciens a confirmé unanimement une disposition que le Christ ressuscité avait prise au préalable (Actes chapitre 10). Longtemps encore, on verra dans les lettres de Paul, comme la lettre aux Galates, un rappel sur la non-obligation de se faire circoncire.

Dans ce contexte religieux fervent, pouvez-vous imaginer ce qu’auraient pu penser les premiers chrétiens, qui étaient tous juifs, que Jésus soit l’égal de Dieu et la composante d’une trinité, une notion parfaitement païenne et connue de tous les juifs (particulièrement ceux de la Diaspora). Un tel enseignement aurait entraîné la lapidation immédiate de tous les chrétiens qui vivaient parmi les juifs. Mais au contraire, un silence total ! Une cohabitation paisible pendant les six premiers mois. Et si l’on note une grande agitation, ce n’est pas ce point doctrinal qui entraîne la lapidation d’Etienne, mais l’accusation qu’il porte contre les juifs, et le fait qu’il voit dans une vision, celui que les juifs ont maudit à la droite de Dieu, c’est à dire dans une position de faveur.

Ces faits prouvent une fois encore, que la doctrine de la trinité n’est entrée que très tardivement au sein de la foi chrétienne.

 

Considération biblique

L’enseignement biblique selon lequel Dieu est un s’appelle le monothéisme, et le monothéisme dans sa forme la plus pure est incompatible avec la Trinité. L’Ancien Testament est strictement monothéiste, YHVH est un être personnel, unique. Dans le Nouveau Testament, par contre, il faut reconnaître que quelques textes bibliques cités en dehors de leur contexte peuvent prêter à confusion. On sait toutefois que cette confusion n’existait pas au 1er siècle. Plutôt que d’épiloguer sur de la grammaire grecque, citons quelques textes qui sont sans équivoque (n’oublions pas toutefois que les premiers disciples de Palestine parlaient prioritairement l’hébreu et l’araméen en plus du grec; hormis les synagogues de la Décapole ils lisaient les Saintes Écritures rédigées en hébreu).

Dans une prière adressée à Dieu et non à lui-même, voici ce que dit Jésus : « Et telle est l’éternelle vie : qu’ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (trad.Osty). Jésus se présente comme l’envoyé et non celui qui envoie. Auparavant Jésus avait déclaré : «c’est le Père qui m’a envoyé»(Jn 5 :36). Or Jésus est venu pour servir, comme un esclave (Phil 2 :7 ; Mat 20 :28).

Alors que Jésus était sur la Terre, en tant qu’envoyé, il a été le plus grand personnage qu'il a été donné aux habitants de la planète de connaître. Même la gloire et la richesse de Salomon ne l’égalait pas comme Jésus le dit de lui-même « il y a ici plus que Salomon » (Mat 12 :42). Et pourtant n’a t-il pas dit « le Père est plus grand que moi », paroles que l’on trouve dans l’évangile selon saint Jean, au chapitre 14, verset 28?

Dans une comparaison que nous trouvons dans l’évangile selon Marc au chapitre 12, verset 6, Jésus parle du fils qui est envoyé. Il dit : «Il en avait encore un, un fils bien-aimé. Il le leur envoya le dernier, disant: Ils respecteront mon fils». Ainsi, en tant que fils, Jésus est inférieur au Père. Hors, si le Livre Sacré fait souvent référence au «Fils de Dieu», il ne parle jamais de Jésus comme étant «Dieu le Fils».

Lors de sa prédication Jésus opérait de nombreux miracles. L’évangéliste saint Luc rapporte que la puissance de Dieu opérait sur Jésus (Luc 5 :17). Tous les biblistes s’accordent pour dire que le mot Dieu se réfère à YeHWaH , (voir par exemple la TOB et son commentaire). Dans le même contexte, Jésus dit à un homme qui était paralysé « Tes péchés te sont pardonnés » (Luc 5 :20). Les pharisiens et les scribes sont furieux, et reprochent à Jésus de dire qu’il peut pardonner les péchés. Ils disent qu’en agissant de la sorte, Jésus se fait l’égal de Dieu. Jésus poursuit en disant non qu’il soit l’égal de Dieu, mais qu’il a reçu autorité pour pardonner les péchés. Et s’il l’a reçue, c’est qu’il ne la possédait pas! Cette portion des Écritures met en valeur deux choses :

  1. Que pour les juifs, dont l'enseignement issu de la Thora était essentiel, il ne pouvait y avoir d’égalité avec Dieu.

  2. La position subordonnée clairement exprimée par Jésus, qui souligne sa position d’envoyé et non d’égal. Ce qui fait que les foules rendent gloire non à Jésus, mais au père YeHWaH (Luc 5 :26). Cela est similaire au texte de saint Pierre qui encourage chaque chrétien à rechercher la force que Dieu (YHWH), et non Jésus, fournit. Comparer 1 Pierre 4 :11 avec Psaumes 105 :4.

En une autre occasion, Jésus dira à Marie: « Je monte vers mon Père qui est votre Père, vers mon Dieu qui est votre Dieu» (Jn 20 :17. trad.TOB). Au regard de ce que nous connaissons de la doctrine juive, et particulièrement de la Thora (voir le commentaire sur les Dix Commandements), Jésus ne laisse place à aucun doute possible. 

Un peu plus tard, l’apôtre saint Paul, quant à lui souligne l’élévation que Jésus a reçue de la part de son Dieu Yahvé, conformément à la prophétie du Psaume 110ème où nous lisons : «assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je mette tes ennemis sous pour le marchepied de tes pieds». Il en parle comme du premier né de toute la création (Col 1 :15) qui a été abaissé avant d’être élevé. Dans sa lettre aux Philippiens nous lisons : «lui qui est de condition divine n’a pas considéré comme une proie à saisir d’être l’égal de Dieu. Mais il s’est dépouillé (…) » (trad.TOB).

Ces textes montrent qu’en tant que premier né, il fut créé par une personne qui ne peut être créée, c’est à dire YHWH. D’autre part, il n’a pas agi comme le diable en se saisissant de quelque chose qui ne lui appartenait pas - c’est à dire en s'emparant de l’adoration que l’on doit à YHWH seulement (comparer avec Gen 3 :5. Voir aussi Mat 4 :10 et le shéma d’Israël en Marc 12:29-30).

shéma : Mot hébreu signifiant «écoute», par lequel commence le verset 4 du chapitre VI du Deutéronome: «Écoute, Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un.» Ce verset lui-même est le premier d’un des textes les plus importants du rituel de prières juif qui porte le nom de Shema, conformément à l’usage hébraïque de désigner un livre ou un passage par le mot qui le commence. Le Shema est composé de trois paragraphes de la Torah: Deutéronome, VI, 4-9; XI, 13-21; Nombres, XV, 37-41.

Dans la même veine, l’apôtre saint Paul montre qu’après que le Père aura exercé sa force pour soumettre toute chose à Jésus (sauf Dieu lui-même qui ne peut se soumettre à quelqu'un), le Christ lui aussi se soumettra à Dieu (1Cor15:25-27).

Le débat sur la notion de trinité est capitale, car beaucoup de chrétiens de nom se sont affrontés, parfois physiquement, pour imposer leurs idées. Ce fut particulièrement le cas jusqu’au concile de Nicée, en 325, et même au delà. Avant de mourir, Jésus a fait cette remarquable prière : « afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en union avec moi et moi je suis en union avec toi, pour qu' eux aussi soient en union avec nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé (Jn17:21). Au troisième et quatrième siècle de notre ère, l'unité a fait cruellement défaut, parce qu'il y a eu de nombreux débats théologiques qui ont conduit à des schismes. On peut faire ressortir que les chrétiens n'ont pas été unis dans une seule et même pensée, comme Jésus l’est avec son père. On peut donc raisonnablement se poser cette question : l’unité aurait-elle fait défaut si tous ceux qui se disaient chrétiens avaient fidèlement suivit l'enseignement des Saintes Écritures, plutôt que de s’attacher à des traditions païennes ?

Jean 1:1

Jean 1:1 est un verset très utilisé par les tenants de la trinité. Analyser de nouveau ce verset peut attirer quelques foudres et le remettre en cause, c’est marcher sur des braises ardentes. Nombreux sont ceux qui s’y sont brûlés ou éperonnés (ah ! ce Constantin). On peut dire qu’il s’agit du seul verset qui peut vraiment prêter à confusion. 

Est-il bien traduit ? Sans aucun doute, répondront nombre de traducteurs ! Est-il bien compris ? Rien n’est moins sûr, sinon il n’aurait pas fait l’objet de tant de débats. Le christianisme ayant entamé sa marche œcuménique, pratiquement plus personne n’ose remettre en cause ce texte. Mais comme il s’agit de parler de la trinité (quoique nous ayons particulièrement abordé la binité), il est tout de même utile de déterminer dans quel contexte s’inscrit ce verset ? Que voulez réellement dire Jean ? Et vous, connaissez-vous le contexte ?

Voici comment Jean 1 :1 est présenté selon différentes traductions.

(Pour la suite : Verbe = Parole, traduit le grec Logos)

Première remarque : la traduction

Dans ce texte où nous lisons « le Verbe était Dieu », le mot Dieu ( grec théos) est un nom attribut au singulier placé devant le verbe et non précédé de l'article défini. C'est un théos employé sans article. Ce qui le différencie nettement du Dieu dont il est écrit : «le Verbe était tourné vers (le) Dieu». Pour le distinguer, certains traducteurs anglo-saxons ont choisi de le traduire par : «le Verbe était dieu» et non pas par «le Verbe était Dieu» . 

Certains commentateurs font remarquer que cet argument est sans valeur, car le grec utilise indifféremment «theos» avec ou sans article. Cependant il faut remarquer que dans d’autres passages, avec la présence ou l’absence de l’article, c’est le contexte, et/ou sa compréhension, qui incline la traduction. La traduction peut donc bien être inclinée selon la compréhension ou la croyance du traducteur.

Le Nouveau Vocabulaire Biblique, (éd. Bayard, 2004), sous la direction de Jean Pierre Prévost, exégète et théologien, fait le commentaire suivant, à propos de Jean 1:1,2 (p.441):

"En s'appuyant sans doute sur un hymne préchrétien, l'auteur, ignorant le concept de préexistence éternelle, dit du logos qu'il était là au commencement de la Création. Il habitait alors la dimension de Dieu et, selon la traduction littérale du verset 1c: il "était dieu". Le texte est précis. Il omet l'article devant le mot "dieu", alors que la ligne précédente le contenait: "Elle [la parole] était, en commencement, vers le Dieu". Il est donc difficile de traduire exactement le verset 1c. L'auteur veut dire que le logos faisait partie de la réalité divine, sans être le Dieu suprême. "Divin" est trop faible, "Dieu" est trop fort. Le mot "dieu", avec la minuscule, cherche à rendre la pensée."

Remarque au sujet de l’évangéliste

Jean, était hébreu et connaissait bien le shéma qu’il récitait comme tout israélite. Tout autant que ce verset : «Je suis YHWH et il n’y en a point d’autre, hors moi, il n’y a point de Dieu» (Esaïe 45:5,6). De plus, il ne pouvait pas ignorer les paroles de son Seigneur Jésus qui a dit : «Le premier de tous les commandements est : Écoute, Israël, YHWH notre Dieu est un seul Seigneur ; et tu aimeras YHWH ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta pensée, et de toute ta force» (Marc 12:29-30; Deutéronome 6:4-5).

Comme la tradition la plus ancienne le confirme, Jean a écrit son évangile vers la fin du 1er siècle. Ce qui nous amène à poser cette question : puisque saint Paul a écrit ses lettres aux Colossiens, aux Corinthiens près de 40 années plus tôt, et qu’il affirme que Jésus fut le premier créé, et qu’il est soumis à Dieu, Jean s’inscrit-il dans la continuité de l’enseignement chrétien ou introduit-il un enseignement nouveau ? Parce que si Jean veut dire que Jésus est l'équivalent de YHWH le Dieu des juifs, il s’agit bien là d’un enseignement nouveau. Dans ce cas la religion nouvelle ne serait plus introduite par le Christ mais par l’apôtre Jean. L'enseignement de l'apôtre Jean aurait-il évincé celui de Christ? Rappelons nous en effet, qu'à la Pentecôte de l'an 33, saint Pierre présente Jésus-Christ de la manière suivante:"Que toute la maison d`Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié" (Act2:36. Segond). Il n'est ABSOLUMENT pas présenté en tant que Dieu des juifs. Et Pierre parle pourtant d'un Jésus ressuscité, assis à la droite de Dieu (Ps 110.1, Act 7:56, Eph 1:20). L'apôtre Jean aurait-il introduit une nouvelle notion que saint Pierre aurait ignorée?

Remarque au sujet du contexte. 

Quel est le contexte et qu’est-ce que Jean avait à l’esprit ? Il y a au moins deux contextes. Le premier en ce qui concerne le verset discuté au sein du chapitre un, et le deuxième c’est l’évangile proprement dit, sa position dans l’histoire de l’Eglise primitive. Ces deux contextes peuvent être dissociés mais lorsqu’ils sont mis en parallèles, cela permet de constater que ce verset de l’évangile met en lumière un événement majeur lié à la congrégation chrétienne.

Le contexte du verset

Voici ce que nous allons considérer:

L’expression commencement est ambiguë. Il est nécessaire de lever l’équivoque ou de déterminer si l’on peut utiliser cette expression pour affirmer que Jésus est de toute éternité avec Dieu. Voici ce que nous lisons dans la traduction de Jérusalem que je possède : (v1) "Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu. (v2) Il était au commencement avec Dieu".

A quelle époque fait référence l’expression commencement? La référence au mot commencement de Jean 1 verset 1 est-il le même que celui du verset 2. En d'autres termes le mot commencement se réfère t-il au même événement? Ou encore : au commencement de quoi le Verbe était-il avec Dieu ?

Certains commentateurs disent que le mot commencement du verset 1 fait référence au début de toute création sauf de Jésus, et d’autres à Genèse 1 :1. Cependant comment peut-on démontrer une référence ou allusion vers Genèse 1:1 ? C’est totalement impossible. Il est impossible de démontrer que Jean fait référence au livre de la Genèse. Ce serait une interprétation un peu légère. Jean veut édifier les congrégations, il y a peut-être une autre voie à prendre pour appréhender sa pensée.

Il reste le fait que Jean fait référence au commencement de toutes choses sauf de Jésus. Mais cela est-il conforme à l’ensemble des Écritures? Pas vraiment, c’est même en contradiction flagrante avec ce que nous lisons dans la lettre de saint Paul : « Il est l'Image du Dieu invisible, Premier-Né de toute créature » (Col 1:15. Jérusalem) ou encore avec Jean lui même lorsqu’il écrit au sujet de Jésus : “ l’Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu” (Darby. Apocalypse 3:14 écrit par le disciple et apôtre saint Jean).

Étant donné que le verset 1, à lui seul, ne peut définir précisément à quel commencement Jean fait référence, il n’est pas irrationnel de penser que Jean fait référence à ce qu’il savait, ce qui était dans la continuité chrétienne, c’est à dire le commencement de Jésus lui même. Et vous aurez deux autres preuves. Le contenu du chapitre 1 de l’évangile de Jean et le contexte de l’évangile de Jean.

D’autres questions viennent à l’esprit. Si Jésus était le Dieu créateur, pourquoi parler d’un commencement au sujet de quelqu’un qui à l’évidence serait sans commencement? Cette expression redondante ne serait-elle pas superflue? Si l’expression au commencement est volontaire, pourquoi Jean l’introduit-il et la répète-t-il? Dans la continuité du raisonnement, le verset 1 serait probablement indépendant, pour introduire une pensée, les versets 2 et 3 pour introduire une autre pensée. C’est ce que nous verrons avec les parties suivantes.

Les choses qui furent faites et explication de Colossiens 1:16

Puisque le verset 2 dit: “Il était au commencement avec Dieu”, de quel commencement s’agit-il ici? L’explication nous est donnée par le verset 3, où nous lisons: “Tout fut par lui, et sans lui rien ne fut ». Qu’est-ce que cela peut bien signifier ? Pour les chrétiens d’aujourd’hui, saint Paul fournit la réponse lorsque nous lisons: “Il est l'Image du Dieu invisible, Premier-Né de toute créature, car c'est en lui qu'ont été créées toutes choses, dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, Trônes, Seigneuries, Principautés, Puissances ; tout a été créé par lui et pour lui”. Puisque le verset 15, montre que Jésus fut la première création de Dieu, que veut dire l’expression: « tout a été créé par lui et pour lui »

On ne peut pas expliquer les Écritures à partir des philosophies humaines, ni par des contorsions intellectuelles. Penchons nous donc sur un événement du passé décrit dans la Bible, où deux créateurs ou constructeurs sont mis en parallèles. Moïse et Jésus. Il s’agit de la lettre de l’apôtre Paul aux hébreux, chapitre 3.

“considérez l'apôtre et grand prêtre de notre profession de foi Jésus ; il est fidèle à celui qui l'a institué, comme Moïse le fut aussi dans toute sa maison. Car il a été jugé digne d'une gloire supérieure à celle de Moïse, dans la mesure même où la dignité du constructeur d'une maison est plus grande que celle de la maison elle-même. Toute maison, en effet, est construite par quelqu'un, et celui qui a tout construit, c'est Dieu. Moïse, à la vérité, a été fidèle dans toute sa maison, en qualité de serviteur, pour témoigner de ce qui devait être dit ; tandis que le Christ, lui, l'a été en qualité de fils, à la tête de sa maison. Et sa maison, c'est nous, pourvu que nous gardions l'assurance et la joyeuse fierté de l'espérance. ”

Moïse a mis en place la nation et la législation qui l’accompagnait, mais plus encore, il a introduit et oint la prêtrise sacerdotale avec son tabernacle (plus tard son temple) et ses sacrifices. Moïse a-t-il construit de ses mains le tabernacle, et même s’il l’avait fait, aurait-il créé les matériaux à partir du néant? L’office religieux a-t-il était inventé et créé de toutes pièces ou reproduit sur la base de prescriptions et de plans? Pour celui qui lit la Thora, la réponse est évidente.

Jésus-Christ est un modèle plus grand que Moïse, et comme tout modèle il est source d’un enseignement. Et si l’apôtre Paul, fait ce parallèle sous inspiration, c’est bien pour que en tirions de bonnes conclusions (comparez avec le parallélisme de 1 Cor 15:48-49. Remarquez également le verset 17 de Jean Chapitre 1).

Jésus, dans son existence pré-humaine est bien celui par qui la création vint à l’existence tout comme le Temple (n’oublions pas que le Temple matériel est une image du Temple  spirituel céleste, en d’autres termes : le Temple matériel sur Terre préfigurait le Temple spirituel céleste). Or, la création ne peut se faire sans la volonté du Dieu Tres-Haut YHWH, et sans les matériaux ou la force de base, sans énergie originelle, il n'y a rien. C’est à dire que YHWH a mis sa force, son esprit saint, à la disposition de Jésus, sachant que celui-ci s’est appuyé sur un modèle (comparer avec le récit de la force de Sanson par exemple).

Le verset biblique qui appuie ce commentaire se situe dans le livre des Proverbes, que tous les commentateurs bibliques connaissent et qui s’applique à Jésus, la sagesse personnifiée. Nous lisons: " Yahvé m'a créée, prémices de son œuvre, avant ses œuvres les plus anciennes. Dès l'éternité je fus établie, dès le principe, avant l'origine de la terre. Quand les abîmes n'étaient pas, je fus enfantée, quand n'étaient pas les sources aux eaux abondantes. Avant que fussent implantées les montagnes, avant les collines, je fus enfantée; avant qu'il eût fait la terre et la campagne et les premiers éléments du monde. Quand il affermit les cieux, j'étais là, quand il traça un cercle à la surface de l'abîme, quand il condensa les nuées d'en haut, quand se gonflèrent les sources de l'abîme, quand il assigna son terme à la mer - et les eaux n'en franchiront pas le bord -, quand il traça les fondements de la terre, j'étais à ses côtés comme le maître d'œuvre, je faisais ses délices, jour après jour, m'ébattant tout le temps en sa présence (Prov 8:22-30).

La Parole devint chair

C’est à partir d’ici que nous allons nous rapprocher de la raison d’être des deux premiers versets de Jean. A la suite du texte qui va suivre, il nous faut poser des questions.

«Et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité». Pourquoi donc, Jean dit-il: le Verbe s’est fait chair (en plus du fait qu’il est fils)?

Des versets 7 à 9 nous lisons : «Il vint pour témoigner, pour rendre témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui. Celui-là n'était pas la lumière, mais il avait à rendre témoignage à la lumière. Le Verbe était la lumière véritable, qui éclaire tout homme; il venait dans le monde».

Et posons-nous ces questions : d’où venait Jésus et où allait-il ? Pourquoi Jean met-il tant l’accent sur ce Jésus qui vint du ciel, vers le monde des hommes ?

Avant de voir la réponse à ces questions, il nous faut aborder le second contexte.

Le contexte de l’évangile

En plus de son évangile et du livre de l’Apocalypse, il nous reste trois lettres de Jean. Deux d’entre elles disposent d’une particularité. Il y est fait mention de l’antéchrist (celui qui est contre Christ, opposé à Christ -sous-entendu son œuvre et sa personne). Notez ce que déclare le vieil apôtre : «Petits enfants, c’est la dernière heure, et, comme vous avez appris que l’antichrist vient, voici que dès maintenant il est survenu beaucoup d’antichrists; d’où nous savons désormais que c’est la dernière heure» ( 1jn2:18).

Mais la plus particulière : «Car beaucoup de trompeurs sont sortis dans le monde, gens qui ne confessent pas Jésus Christ comme venant dans la chair. C’est là le trompeur et l’antichrist» 2jn7.

Nous voilà donc à la raison de l’introduction de l’évangile selon saint Jean. Il y a des antichrists (ou antéchrists), c’est à dire des hommes qui corrompent les congrégations chrétiennes par un enseignement qui rejette le Christ ou son enseignement. Ils nient l’existence pré humaine de Jésus et le fait qu’il soit venu dans la chair. Il se pourrait même que ces lettres furent envoyées, pour contrer l’opposition de certains gnostiques (comparez avec 3 Jn 9). La tradition et l’histoire conservent beaucoup d’exemples de corruptions avec les éons, le docétisme, Simon le magicien, etc…Cérinthe était un adversaire acharné de l'apôtre Jean et rejetait le concept de Logos (Parole). Plus tard, la question de l'authenticité de l'évangile de Jean a même été discutée au sein de certaines congrégations. Celles qui avaient été contaminées par les gnostiques du 2eme siècle comme Héracléon ou les Valentiniens. 

Jean écrit pendant cette période de troubles au sein des chrétiens. Il est donc normal que dans son évangile qui va retracer la vie et l’enseignement du Christ, il souligne dans son introduction l’existence pré humaine de Jésus, et qu’il soit venu dans la chair.

 

Conclusion

Le contexte est donc une introduction de Jean précise pour affermir les chrétiens et s’opposer aux antichrists.  Par conséquent, le texte rapporte non pas un Verbe équivalent au Dieu Tout Puissant, mais la pré existence d’un être qui était l’expression de Dieu (Verbe) puisque directement créé par lui. Cette créature appelée Verbe ou La Parole,  est venue dans la chair pour s’offrir en rançon. Jésus-Christ n'est donc pas Dieu le Tout Puissant (YHWH) mais un dieu, comme le détermine le contexte et la grammaire (theos). Tout ceci devrait inciter les traducteurs à plus de sincérité. Souhaitons qu’ils aient le désir ou le courage d’y parvenir. 

Rôle de Jésus-Christ au sein de la trinité

Jésus-christ fut un fils fidèle et éprouvé en toutes choses (Heb 4:15). Son exemple remarquable fait de lui un idéal à suivre. C’est la raison pour laquelle l’apôtre Paul nous enjoint à imiter Christ notre modèle (1 Thes 1:6 ; 1 Cor 11:1). L’une de ses caractéristiques et qu’il a tout mis en oeuvre pour honorer son père, comme il le dit si clairement dans l’évangile de Jean, au chapitre 8, verset 49 : « (…) j’honore mon père». Il répondait parfaitement à l’invitation qui était faite dans le livre de Malachie chapitre 1, verset 6 : «Le fils honore le père, et l’esclave son grand maître. Si donc je suis un père, où est l’honneur qui m’est dû?» 

A votre avis, si Christ s’était trouvé au milieu des débats religieux qui ont secoué le christianisme du troisième et quatrième siècle (voir Le Jour où Jésus devint Dieu. Richard E. Rubenstein Éd. La Découverte), quel rôle le Christ aurait-il joué ? Eu égard ce qui vient d’être dit, ne se serait-il pas levé contre le paganisme naissant qui s’introduisait dans les Églises ? Aurait-il honoré son Père du bout des lèvres seulement (Isaïe 29:13) ? Si Jésus n’a pas une seule fois songé à être égal à Dieu (Phil 2:6), pourrait-il être égal à Dieu et en même temps dire du Père "Mon Dieu"? Dans ce cas, quel rôle le Christ pourrait-il donc connaître au sein de la Trinité?

Puisque YeHoWaH a soumis toutes choses sous les pieds de Jésus (1 Cor 15 :27) et que le Christ ressuscité se soumettra lui aussi (1 Cor 15 :28),  n’est-il pas sage de suivre l'exemple du fils quant à enseigner la supériorité du Père? (1 Cor 8:6). On peut également réfléchir sur ce texte : "Ayez en vous la pensée qui était en Christ-Jésus, lui dont la condition était celle de Dieu, il n'a pas estimé comme une proie à arracher d'être égal avec Dieu, mais il s'est dépouillé lui-même, en prenant la condition d'esclave, en devenant semblable aux hommes; après s'être trouvé dans la situation d'un homme, il s'est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu'à la mort (…). C'est pourquoi aussi Dieu l'a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père" (Philippiens 2.5-11). Qui donc est le plus grand: YeHoWaH le Dieu tout puissant qui élève Jésus au dessus de tout (sauf de lui même) ou celui qui est élevé?

Puisque nous avons considéré:

Est-ce que celui qui a soutenu la vérité révélée en disant "Ta parole est vérité" pourrait être impliqué dans un rôle tri-partite ou avoir sa place au sein d'une entité tricéphale? Il est logique, semble-t-il de se poser cette question : pour un chrétien qui désire suivre l'exemple de Jésus, est-ce honorer le Fils (Christ), que de lui attribuer une place qu’il ne possède pas? (Jn 5:23).

Quelques commentaires supplémentaires.

Ceux-ci sont résumés dans une volonté de simplification. D'autres seront ajoutés selon les réactions des lecteurs.

Textes mal compris.

Selon les Écritures Jésus-Christ est-il dieu ? Oui, il est un être divin au plein sens du terme comme le sont toutes les créatures célestes. Cependant, en Christ sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance véritables. Qu’est-ce que cela signifie ?

Colossiens 2.9 : c'est en lui qu’habite corporellement toute la plénitude de la qualité divine

Certaines traductions mettent “ déité ”, ce qui, pour les trinitaires, signifie que Dieu habite personnellement en Christ. Toutefois, le Dictionnaire grec-français de A. Bailly donne à théotês le même sens fondamental qu’à théïotês, c’est-à-dire “ divinité (nature divine) ”.

Un examen du contexte de Colossiens 2:9 montre clairement que posséder la “divinité”, ou la «nature divine », ne fait pas de Christ le même que Dieu le Tout-Puissant. Dans le chapitre précédent, Paul déclare : “ Dieu a jugé bon de faire habiter en lui toute plénitude. ” (Col 1:19). Ainsi, toute plénitude habite en Christ parce que cela “ a plu au Père ” (AG ; Sa), parce que c’était “le bon plaisir du Père”. (Ma.) La plénitude de la “ divinité ” qui habite en Christ est donc sienne par suite d’une décision prise par le Père. L’apôtre Paul parle plus loin de Christ comme étant “ assis à la droite de Dieu ”, ce qui montre encore que posséder cette “ plénitude ” ne fait pas de Jésus Christ la même personne que le Dieu Tout-Puissant (Col 3:1).

En analysant le contexte immédiat de Colossiens 2:9, on remarque au verset 8 que les chrétiens sont mis en garde contre ceux qui défendent des philosophies et des traditions humaines, et qui risquent de les tromper. Il leur est également dit qu’“ en [Christ] sont soigneusement cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance ”, et ils sont exhortés à ‘ continuer à marcher en union avec lui, enracinés et bâtis en lui, et devenus stables dans la foi ’. (Col 2:3, 6, 7.) En outre, les versets 13 à 15 expliquent qu’ils ont été rendus à la vie par la foi et libérés de l’alliance de la Loi. L’argument de Paul est donc que les chrétiens n’ont pas besoin de la Loi (qui a été ôtée par le moyen de Christ), ni des philosophies et des traditions humaines. Ils ont tout ce qu’il leur faut, une précieuse “ plénitude ”, en Christ (Col 2:10-12).

En 2 Pierre 1:3, 4, l’apôtre montre qu’en vertu des “ précieuses et très grandes promesses ” qui leur sont faites, les chrétiens nés de nouveau fidèles ‘ peuvent devenir participants à la nature divine, ayant échappé à la corruption qui est dans le monde du fait des passions ’. D’autres passages des Écritures montrent que les chrétiens ‘ participent ’ aux souffrances de Christ, à une mort semblable à la sienne, et à une résurrection semblable à la sienne pour l’immortalité en tant que créatures spirituelles, devenant ses cohéritiers dans le royaume céleste (1Co 15:50-54 ; Ph 3:10, 11 ; 1P 5:1 ; 2P 1:2-4 ; Ré 20:6). Il est ainsi manifeste que, pour les chrétiens, participer ou avoir part à la “ nature divine ”, c’est être participants de la gloire de Christ.

En Genèse 1:1, le titre “Dieu” rend ´Èlohim, qui est un pluriel en hébreu. Les tenants de la Trinité y voient une confirmation de leur croyance. Ils expliquent également que Deutéronome 6:4 sous-entend l’unité des membres de la Trinité. Ce texte dit en effet: “L’Éternel, notre Dieu [´Èlohim], est un seul éternel.” - Da.

La forme plurielle du nom qui est utilisée ici en hébreu est un “pluriel majestatif” ou pluriel d’excellence. (Voir Md, lexique, p. 1619; voir aussi New Catholic Encyclopedia, 1967, tome V, p. 287.) Elle n’emporte nullement l’idée d’une pluralité de personnes à l’intérieur d’une divinité. Ainsi, une forme du titre ´èlohim est utilisée en Juges 16:23 pour désigner le faux dieu Dagon; or le verbe qui l’accompagne est au singulier, ce qui prouve qu’il n’est question que d’un seul dieu. En Genèse 42:30, Joseph est qualifié de “seigneur” (´adhoné, pluriel d’excellence) de l’Égypte.

La langue grecque n’a pas de pluriel de majesté ou d’excellence. Voilà pourquoi en Genèse 1:1 les traducteurs de la LXX ont fait correspondre ho Théos (Dieu au singulier) à ´Èlohim. En Marc 12:29, où Jésus cite Deutéronome 6:4, c’est également le terme grec ho Théos, au singulier, qui apparaît.

 

Pour toutes questions complémentaires sur ce sujet:

hlybk@wanadoo.fr

 

Question-réponse des lecteurs

Voici un commentaire de Johnny : «Je voudrais que vous m'expliquiez plus amplement Jean 14 et Jean 15, car je pense que de cela découle le dogme de la Trinité (Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint Esprit). Bien sûr avec différentes personnalités mais complémentaires.»

Merci Johnny de votre témoignage. L’auteur comprend que vous ayez du mal à accepter ce sujet. Et l’on peut comprendre d’autant plus que certaines traductions sont complaisantes sans éclairer leurs lecteurs. Nous allons donc citer ces traductions, commenter, éclaircir et raisonner.

Évangile de Jean chapitre 14, verset 10 avec connotation unitaire.

 

Première remarque

Le commentateur biblique feu l’abbé Cl Fillion disait que «dans les manuscrits : Codex Sinaiticus, Codex Vaticanus, Codex de Bèze, etc…, ils ont le génitif «ipsius», qu’ils placent à la fin de la phrase, variante moins expressive et moins autorisée». (C’est l’auteur qui souligne). Les codex les plus anciens ne permettraient ou n’autoriseraient donc pas la traduction ci-dessus. Celle-ci serait-elle fautive? Une petite main divinement partisane aurait-elle agi ?

Deuxième remarque

Ceci nous permet de comprendre une des raisons pour laquelle les érudits Wescott et Hort, dans leur traduction interlinéaire, tire une leçon plus fidèle, basée sur les textes les plus anciens. Voici la traduction :

A moins d’être mal intentionné il n’est pas possible de remettre en cause l’érudition de Wescott et Hort.

Poursuivons

Est-ce qu’il y a d’autres choses qui nous permettent de désavouer les traductions complaisantes ?

Prenons le verset 20 du même chapitre de l’évangile de Jean, puis raisonnons.

 

Raisonnons

 

  1. Si l’on suit le raisonnement unitarien, il faudrait concevoir que Jésus, Dieu le Père, et les disciples soient Dieu, car il est bien écrit «vous en moi et moi en vous» . Le Père + Jésus + les disciples = 1. Ce n’est plus une trinité mais une multiplicité… Voilà donc un problème supplémentaire à résoudre.

  2. Connaissez-vous dans le Livre Sacré un enseignement qui ferait que Jésus ne serait plus Jésus mais que tous les disciples seraient un petit bout de Jésus ?

  3. Il est bien évident, qu’il y a un autre sens. Et si l’on prête à ce verset un autre sens, il y a obligatoirement un autre sens au verset 10, vu ci dessus.

La leçon selon Wescott et Hort est la suivante : «en ce jour-là vous saurez que je suis en union avec le Père et que vous êtes en union avec moi et moi en union avec vous».

Le sens du verset est très simple. Il définit l’intimité qu’il y a entre Jésus-Christ et son Père, intimité qui peut s’étendre envers les disciples. Ce qui est confirmé par le verset 23 du même chapitre : «Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui»

Ce qui sont véritablement «né de nouveau» et qui sont purs, comprennent ce verset, car l’esprit de Dieu réside perpétuellement sur eux, puisqu’ils sont -dans un sens spirituel- le temple de Dieu (1 Cor 3:16, 2 Cor 6:16, Eph 2:21, 1 Pi 2:5). La communion avec le Père est perpétuelle. Il en était de même pour Jésus, mais d’une manière plus intense, puisqu’il le connaissait d’une manière parfaite.

Vous pouvez également lire le verset de Jean chapitre 6, verset 56, où Jésus demeure dans le disciple. Ce qui ne fait pas du disciple une partie de Jésus.

A la lumière de ce qui vient d’être dit, considérons les 6 premiers versets du chapitre 14, ils font partie du contexte. Ils devraient faire appelle à notre clairvoyance afin de lever le doute

Jn 14:1 Que votre cœur ne se trouble pas ! vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.

Jn 14:2 Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures, sinon, je vous l'aurais dit ; je vais vous préparer une place.

Jn 14:3 Et quand je serai allé et que je vous aurai préparé une place, à nouveau je viendrai et je vous prendrai près de moi, afin que, là où je suis, vous aussi, vous soyez. 

Jn 14:4 Et du lieu où je vais, vous savez le chemin. " Jn 14:5 Thomas lui dit : " Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment saurions-nous le chemin ? " Jn 14:6 Jésus lui dit : " Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi.

Conclusion

Il faut que les disciples du Christ recherche l’unité avec l’esprit et la vérité (Jn 4 :24).


Voici un commentaire de Gilbert: je me plais sur votre site et j'aimerais savoir si l'on doit adoré Dieu ou Jésus ou bien les deux car dans un verset (Jean chapitre 14 verset 6), Jésus dit : nul ne vient au père que part moi. Doit ton penser que Jésus est le premier à adorer? Merci de me répondre

Dans le verset que vous citez, il n’est pas fait mention d’adoration mais de passage obligé. Jésus est médiateur de la nouvelle alliance. Ne pas passer par lui c’est ne pas le reconnaître, ne pas reconnaître son rôle, et c'est repousser YeHWaH le Dieu tout puissant et le prodigieux moyen de salut offert à l'humanité. Par conséquent c'est un barrage à la prière (Pr 15:29; Is 1 :15). Ce qui fait que toute adoration rendue à Dieu est vaine (Mat 10:40-41). 

 


From: k. matthieu Subject: TRINITE 

A propos de : Jésus n'est pas l'égal de Dieu ou simplement n'est pas Dieu . Comment interpréteriez vous ce passage de la bible  1 jean 5 : 20 et  jean 20 : 28 Merci pour la réponse.

Dans la TOB nous lisons: "Nous savons que le Fils de Dieu est venu et nous a donné l'intelligence pour connaître le Véritable. Et nous sommes dans le Véritable, en son Fils Jésus Christ. Lui est le Véritable, il est Dieu et la vie éternelle."

Connaître Dieu c'est connaître le véritable. Dans ce texte il y a 2 personnes : le Véritable et Jésus-Christ. Le texte ne dit pas que Jésus-Christ est le Véritable. Mais LUI est le véritable. C'est le parallèle de Jean 17:3. Je vous suggère de prendre une traduction plus littérale. 

Dans la traduction Crampon nous lisons:

Le vrai Dieu est le Véritable et non son Fils Jésus-Christ. Cela rejoint aussi parfaitement ce qui a été explicité plus haut en ce qui concerne l'unité de Jésus-Christ avec son Père.

οιδαμεν δε οτι ο υιος του θεου ηκει και δεδωκεν ημιν διανοιαν ινα γινωσκομεν τον αληθινον και εσμεν εν τω αληθινω εν τω υιω αυτου ιησου χριστω ουτος εστιν ο αληθινος θεος και ζωη αιωνιος. 

Mais nous savons que le fils de Dieu est venu et nous a donné l'intelligence afin que nous puissions acquérir la connaissance du Véritable (Vrai Dieu). Et nous sommes en union avec le Véritable par le moyen de son Fils Jésus-Christ. C'est là le Véritable et la vie éternelle. 

Pour acquérir une bonne intelligence des épîtres de Jean, il faut considérer le contexte qui est la lutte contre l'antéchrist et le gnosticisme. Jean mène une lutte contre ceux qui pervertissent le christianisme comme les Nicolaïtes (Apo 2:14; on peut avoir une idée de cette lutte en considérant les enseignements de Dosithée, Simon le Mage, Ménandre, Satornil, Nicolas, Cérinthe). C'est pourquoi, prophète et inspiré par Dieu, le vieil apôtre Jean met en exergue la connaissance du Vrai Dieu (le Véritable par opposition avec les gnostiques), connaissance accessible seulement grâce à la révélation de son oint. C'est cela qui conduit à la vie éternelle (Jn 17:3). Cette lutte a débuté très tôt comme on peut le considérer avec les épîtres de saint Paul, là où il fait référence à l'épi-gnosis (connaissance exacte, (épi) au dessus - de la gnose).  

Pour une étude grammaticale détaillée vous pouvez consulter le texte de Didier Fontaine.

En ce qui concerne Jean 20:28. 

Il s'agit d'une exclamation et non de la définition de Jésus-Christ. De toute façon ce verset ne change rien. Car Jésus-Christ est réellement un dieu ou un être divin (Is 9:6; Jn 1:18) mais pas le Dieu tout puissant "El Shaddaï" c'est à dire YHWH (Rappel: dieu ou Dieu signifie "puissant"). Il est appelé "Fils de Dieu" mais jamais "Dieu le Fils". Dans la Bible, même les juges humains sont appelés dieux (Ps 82:1). Le fait que quelqu'un soit désigné par dieu ou Dieu (puissant) ne fait pas de lui l'égal du Tout Puissant YeHWaH. 

En Isaïe 9:6 (ou v5 pour certaines traductions) il est écrit:"Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, il a reçu le pouvoir sur ses épaules et on lui a donné ce nom : Conseiller-merveilleux, Dieu-fort, Père-éternel, Prince-de-paix" (Jérusalem). Dans ce verset il n'est pas écrit qu'il est le Dieu tout Puissant mais qu'un nouveau nom lui a été donné "Dieu fort". Et s'il lui a été donné c'est qu'il ne le possédait pas. D'autre part ce nom est un attribut qui résulte de quelque chose : le pouvoir qu'il ne possédait pas et qui lui a été donné. Par qui ? Par quelqu'un qui le possédait et qui avait autorité pour le lui donner. Et qui réalise cela Yahvé Sabaot (YeHWaH des armées), verset 6 ou 7 selon la traduction. Ce verset souligne bien qu'il n'y a qu'un Tout-Puissant qui donne du pouvoir ou de l'autorité à qui il veut (Prophétie de Dan 4:20).

 


Étude et commentaires du Livre Sacré http://www.le-livre-sacre.net