RETOUR SOMMAIRE GÉNÉRAL |           RETOUR ACCUEIL           |           PAGE PRÉCÉDENTE           |           PAGE SUIVANTE     


Merci de chercher la réponse à cette interrogation. Pourquoi la période de purification de la femme était-elle deux fois plus longue dans le cas de la naissance d'une fille ? LE 12 : 3, 4 en opposition avec 12: 5. L.K.

Réponse

Dans le texte biblique on peut lire la chose suivante : « Le huitième jour, on circoncira la chair du prépuce. Pendant trente-trois jours encore, elle restera dans le sang de la purification. Elle ne touchera à aucune chose sainte, et elle n’entrera pas dans le lieu saint jusqu’à ce que soient accomplis les jours de sa purification. Et si elle met au monde une femelle, alors elle doit être impure pendant quatorze jours, comme pendant ses règles. Pendant soixante-six jours encore, elle restera avec le sang de la purification » (Lévitique 12:3-5).

C'est un texte qui a première vue, semblerait discriminatoire. Il doit donc être considéré dans son contexte et avec l'ensemble du Livre Sacré. Rappelons premièrement que l’un des objectifs du livre du Lévitique est de souligner l'importance de l’acte cérémoniel ou rituel. Si le livre se compose essentiellement de prescriptions relatives à la prêtrise lévitique, il comprend néanmoins des lois que les prêtres enseignaient au peuple : “ Car ce sont les lèvres du prêtre qui doivent garder la connaissance, et c’est la loi qu’on doit chercher de sa bouche» (Mal. 2:7).

Souvenons-nous également que le Lévitique a été écrit parce que YeHWaH s’était proposé d’avoir une nation sainte, un peuple sanctifié, mis à part pour son service. Les hommes fidèles lui ont toujours offert des sacrifices, mais c’est la première fois que Dieu s’adresse à une nation et lui donne des instructions religieuses. Ces prescriptions permettaient aux Israélites de prendre conscience de la gravité du péché. Ces instructions incluses dans la Loi servaient de tuteur menant les Juifs à Christ. Elles montraient la nécessité de la venue d’un Sauveur tout en les aidant à se tenir séparés des nations environnantes corrompues (Lév. 11:44 ; Gal. 3:19-25).

Ainsi, en tant que nouvelle nation en marche vers un nouveau pays, Israël avait besoin d’une bonne direction. Les Israélites avaient encore présents à l’esprit le mode de vie et les pratiques religieuses de l’Égypte. De plus, cette vaste congrégation se dirigeait maintenant vers Canaan, où le mode de vie et les coutumes religieuses étaient encore plus avilissantes. Et encore, il y avait au camp d’Israël de nombreux Égyptiens qui étaient venus s’ajouter. Ils avaient été élevés et enseignés dans les voies, la religion et le patriotisme de l’Égypte. Il ne fait pas de doute que, peu de temps auparavant, beaucoup d’entre eux s’adonnaient encore à des pratiques détestables dans leur pays. Il était vraiment nécessaire qu’ils reçoivent des directives précises de la part de leur Créateur.

Il est également utile de se remémorer que l’impureté est d’abord cérémonielle avant d’être morale. Par exemple la Loi faisait une différence entre 2 conjoints qui avaient des rapports sexuels alors qu’accidentellement il y a eu impureté, et le couple qui, délibérément, avait des rapports sexuels alors que la femme était dans la période de ses règles. Dans ce dernier cas, ils pouvaient être retranchés de la congrégation d’Israël (Lv 20:18). L’apôtre Paul et Jude nous aide à comprendre qu’il s’agissait là de personnes qui se livrent à la passion sexuelle, ce qui est de l’idolâtrie (Col 3 : 5; Jude 4; Gal 5 :19; Eph 5 :3). Cela montre bien que l’impureté cérémonielle précède l’impureté morale, car avant d'être moralement impur, il faut rejeter la pureté cérémonielle .

Par ailleurs, si nous considérons le texte de saint Luc, concernant les jours de purification de Marie, il est intéressant de remarquer que pour l’évangéliste, cette impureté ne concerne pas que Marie, mais aussi Joseph. En Luc chapitre 2, verset 22, nous lisons : «Quand s’accomplirent les jours de leur purification ». Comme l’exigence de la Loi faisait valoir que les humains sont pécheurs et que les parents transmettent l’imperfection à leurs enfants. Dans l’esprit de Luc (dont le récit est inspiré) à l’impureté cérémonielle de Marie est associés l’impureté physique des 2 parents. Ceci nous aide à comprendre que l’époux se sent particulièrement concerné par l’impureté de sa femme. Et plus que de voir en elle, une personne impure, l’esprit de la Loi montre qu’il devait voir en elle un être plus fragile qui mérite plus de soins, d’attention et d’honneur (1 Pierre 3:7).

Il semble donc que tous les israélites spirituels ont du tirer des raisonnements dans leur cœur, comme le dit le psalmiste: “Dans mon cœur j’ai conservé avec soin ta parole, afin de ne pas pécher contre toi.” (Psaume 119:11).

Pour répondre à votre question, en considérant le contexte et l’esprit de la Loi, le contexte antique et le rôle du chef de famille (le père), cette différence de période entre un garçon et une fille, met en valeur plusieurs aspects qui sont :

  • L’aspect cérémoniel des choses intimes de la vie,

  • qu’il ne faut pas considérer les organes génitaux comme un simple objet,

  • la fragilité de la femme

  • qu’il faut attribuer un honneur supérieur à la condition féminine

  • s’il est tout à fait naturel et légitime à un homme et une femme dans le cadre du mariage d’avoir des relations sexuelles, il doit y avoir un frein à la passion sexuelle

Il semble donc que c’est à la sainteté de la femme et non à son rôle subordonné qu’il faut attribuer plus d’attention. Comme il appartenait au chef de famille de tout mettre en œuvre pour la spiritualité de la famille, celui-ci allait accorder plus d’attention aux besoins spirituels de son épouse. Et sur un plan plus pratique, puisque dans cette période la femme était impure sur un plan cérémoniel (mais non moral), si le chef de famille voulait être pur sur un plan cérémoniel, il devait « mettre la main à la pâte » pour les affaires ménagères. Par ce biais, notre Grand Instructeur faisait prendre conscience à l’époux l’importance des devoirs ménagers de sa bien aimée (Prov 31 : 10-30. Voir aussi le principe qui se dégage de Éphésiens 5:29-30: "mais il la nourrit et l’entoure de soins, comme le Christ aussi le fait pour la congrégation"). 

Cette différence de temps pour la purification eu égard la naissance d’un enfant mâle ou femelle, fait ressortir qu’il appartient premièrement, au futur homme, d’être pur sur un plan religieux. Il sera ainsi un exemple qu’il faut suivre (1 Tim 3:5). Avec beaucoup d'égards pour la femme, le verset de Lévitique analysé place une responsabilité accrue sur les épaules de l'enfant mâle. Il rappelle que dès la naissance, l'homme a le premier la responsabilité de tout mettre en oeuvre pour que son culte soit pur. 

Cordialement

Dominique

 


Étude et commentaires du Livre Sacré
http://www.le-livre-sacre.net