Son baptême.

L'effusion d'esprit saint lors du baptême de Jésus marqua le moment où il devint réellement le Messie, ou Christ, l'Oint de Dieu (titre que les anges qui annoncèrent sa naissance employèrent sans doute dans un sens prophétique (Lc 2:9-11, noter également les versets 25 et 26). A l'âge d'environ trente ans, Jésus se fit baptiser malgré, dans un premier temps, les protestations de Jean qui jusque-là n'avait baptisé que des pécheurs repentants (Mt 3:1, 6, 13-17; Lc 3:21-23). Jésus étant sans péché, son baptême attestait plutôt qu'il se présentait à Dieu pour faire sa volonté (voir Hé 10:5-9). Après que Jésus fut remonté de l'eau, et "tandis qu'il priait, il vit les cieux s'ouvrir, l'esprit de Dieu descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe, et la voix de Yahwah ( heb: Yehwah) se fit entendre du ciel, disant: Tu es mon Fils, le bien-aimé; je t'ai agréé." (Mt 3:16,17; Mc 1:9-11; Lc 3:21, 22).

Les propos qu'il tint par la suite, notamment la prière intime qu'il fit à Dieu la nuit de la Pâque de l'an 33, révèlent que Jésus se souvenait de son existence préhumaine et des choses qu'il avait entendues de son Père, celles qu'il avait vu faire, ainsi que la gloire dont lui-même jouissait dans les cieux (Jn 6:46; 7:28, 29; 8:26, 28, 38; 14:2; 17:5). Il est possible que le souvenir de ces choses lui ait été rendu au moment de son baptême et de son onction.

La tentation de Jésus dans le désert. Voici comment Le Livre Sacré décrit cette tentation: “Le Diable l'emmena encore sur une montagne extraordinairement haute et, lui montrant tous les royaumes du monde et leur gloire, il lui dit: Je te donnerai toutes ces choses si tu te prosternes et accomplis devant moi un acte d'adoration”(Matthieu 4:8,9). Plus tard Jésus dira à Pilate: “mon royaume ne fait pas partie de ce monde“(Jn 18:36). Ces paroles se graveront dans le coeur des disciples du 1er et 2ème siècles (note).

 

Son ministère. Cette onction d"esprit saint désigna Jésus pour une mission : mener à bonne fin un ministère consistant à prêcher, à enseigner (Lc 4:16-21) et à assumer le rôle de Prophète de Dieu (Ac 3:22-26). Mais, par-dessus tout, elle l'institua comme le Roi promis par Yahwah, l'héritier du trône de David (Lc 1:32, 33, 69; Hé 1:8, 9) et d'un Royaume éternel. C'est pourquoi il put par la suite dire aux Pharisiens : "Le royaume de Dieu est au milieu de vous." (Lc 17:20, 21). De même, Jésus fut oint pour être Grand Prêtre de Dieu, non pas en qualité de descendant d'Aaron, mais à la manière du roi-prêtre Melkisédec (Hé 5:1,4-10; 7:11-17).

Jésus laissa à ses disciples l'exemple d'un homme travailleur, qui se levait tôt et se dépensait jusqu'à la nuit (Lc 21:37, 38; Mc 11:20; 1:32-34; Jn 3:2; 5:17). Plus d'une fois il passa la nuit en prière, par exemple la nuit avant de prononcer le Sermon sur la montagne (Mt 14:23-25; Lc 6:12-7:10). En une autre occasion, après avoir œuvré pendant la nuit, il se leva alors qu'il faisait encore sombre et se rendit dans un endroit isolé pour prier (Mc 1:32, 35). Les foules venaient souvent troubler sa solitude, mais "il les accueillait quand même aimablement et se mettait à leur parler du royaume de Dieu". (Lc 9:10,11; Mc 6:31-34; 7:24-30.) Il connut la fatigue, la soif et la faim, et se passa parfois de manger pour que s'effectue son œuvre (Mt 21:18; Jn 4:6,7,31-34; voir aussi Mt 4:2-4; 8:24,25).

 

Sa mission, rendre témoignage à la vérité. Pour remplir son ministère, qui consistait à rendre témoignage à la vérité, Jésus ne devait pas simplement parler, prêcher et enseigner. En plus de s'être dépouillé de sa gloire céleste pour naître en tant qu'homme, il lui fallait accomplir toutes les prophéties le concernant, dont les ombres, ou modèles, contenues dans l'alliance de la Loi (Col 2:16, 17; Hé 10:1). Pour confirmer la véracité de la parole et des promesses prophétiques de Dieu, Jésus était tenu de vivre de façon à faire que cette vérité devienne réalité, l'accomplissant par ses paroles et par ses actions, par son mode de vie et par la manière dont il mourrait. En un mot, il devait être la vérité, en quelque sorte l'incarnation de la vérité, comme lui-même affirma l'être (Jn 14:6).

C'est pourquoi l'apôtre Jean put écrire que Jésus "était plein de faveur imméritée et de vérité" et que, si "la Loi fut donnée par l'intermédiaire de Moïse, la faveur imméritée et la vérité sont venues par Jésus Christ" (Jn 1:14, 17). Par sa naissance humaine, son baptême dans l'eau en signe de sa présentation à Dieu, ses trois ans et demi de service public pour le Royaume de Dieu, sa mort jusqu'à laquelle il resta fidèle à Dieu et sa résurrection céleste, par tous ces événements historiques la vérité divine arriva, ou "vint", c'est-à-dire qu'elle s'accomplit (voir Jn 1:17; Col 2:17). Toute la vie de Jésus Christ constitua donc un "témoignage rendu à la vérité", aux choses au sujet desquelles Dieu s'était engagé par un serment (Hébreux 7:21). Ainsi, Jésus ne fut pas une ombre de Messie ou de Christ. Il fut le vrai Christ promis. Il ne fut pas non plus une ombre de Roi-Prêtre. Il fut, en substance et en fait, bel et bien celui qui avait été préfiguré (Rm 15:8-12; voir aussi Ps 18:49; 117:1; Dt 32:43; Is 11:10).

Cette vérité était celle qui "libérerait les hommes", à condition toutefois qu'ils soient "du côté de la vérité" en reconnaissant le rôle de Jésus dans le dessein de Dieu (Jn 8:32-36; 18:37). Faire abstraction du dessein de Dieu relatif à Jésus, échafauder des espoirs sur un autre fondement, ou tirer d'une autre source des conclusions à propos de la façon dont il faut vivre reviendrait à croire en un mensonge, à s'abuser, à suivre la direction du père des mensonges, l'Adversaire de Dieu (Mt 7:24-27; Jn 8:42-47). Ce serait "mourir dans ses [propres] péchés" (Jn 8:23, 24). C'est pourquoi Jésus ne s'est pas retenu, même devant ses adversaires, d'expliquer quelle est sa place dans le dessein de Dieu.

 


 

Note: Au regard de l'histoire, la conversion de Corneille ne signifie pas que celui-ci soit demeuré dans sa situation après son baptême. Ce n'est que beaucoup plus tard que les "chrétiens" se trouveront mêlés aux pouvoirs politiques et militaires. Voir Mat 26:52; 2 Corinthiens 10:4; Romains 6:12-13; Éphésiens 6:13-18; Rev 13:10; Gen 9:6 Retour vers le texte.

Dans son " Dialogue avec Tryphon " (110), Justin, du IIe siècle de n. è., dit : " Nous qui étions remplis de guerre, de meurtre, de tout mal, nous avons sur terre transformé les instruments de guerre, les glaives en socs de charrue, les lances en outils des champs. " (L’œuvre de Justin, traduction de L. Pautigny et G. Archambault, 1982, p. 303, 304). Dans son traité intitulé " De la couronne du soldat, ou De Corona " (XI), où il aborde la question de savoir " si la milice est chose entièrement licite aux Chrétiens ", Tertullien (vers 200 de n. è.) démontre à partir des Écritures le caractère illicite de la vie militaire elle-même et conclut par ces mots : " Je bannis de chez nous la vie militaire. " Œuvres de Tertullien, traduites par M. de Genoude, Paris, 1852, seconde édition, tome deuxième, p. 144.

" Une étude soigneuse de tous les renseignements disponibles révèle que jusqu’à l’époque de Marc Aurèle [121-180 de n. è.] aucun chrétien ne devint soldat ; et aucun soldat, après être devenu chrétien, ne restait dans le service militaire. " (The Rise of Christianity, par E. Barnes, 1947, p. 333). " Nous verrons que les preuves qu’il y eut ne serait-ce qu’un soldat chrétien entre les années 60 et environ 165 ap. J.-C. sont extrêmement minces ; [...] au moins jusqu’au règne de Marc Aurèle, aucun chrétien ne devenait soldat après son baptême. " (The Early Church and the World, par C. Cadoux, 1955, p. 275, 276). " Au second siècle déjà, le christianisme avait affirmé qu’‘ il n’est pas permis d’être un homme d’épée ’. " (Nouvelle Histoire romaine, par G. Ferrero, 1936, p. 279). " La conduite des chrétiens était très différente de celle des Romains [...]. Puisque Christ avait prêché la paix, ils refusaient de devenir soldats. " (Our World Through the Ages, par N. Platt et M. Drummond, 1961, p. 125). " Les premiers chrétiens pensaient qu’il était mal de combattre et ne servaient pas dans les armées, même lorsque l’empire avait besoin de soldats. " (The New World’s Foundations in the Old, par R. et W. West, 1929, p. 131). " Les chrétiens [...] refusaient les fonctions publiques et le service militaire. " (Introduction à " Persecution of the Christians in Gaul, A.D. 177 ", dans The Great Events by Famous Historians, par R. Johnson, 1905, vol. III, p. 246). " Mais en inculquant des maximes d’obéissance passive, ils [les chrétiens] refusaient de prendre part à l’administration civile ou à la défense militaire de l’empire. [...] Les chrétiens, à moins de renoncer à l’exercice d’un devoir plus sacré, ne pouvaient se soumettre aux fonctions de soldats, de magistrats ou de princes. " — Histoire du déclin et de la chute de l’Empire romain, par Edward Gibbon, traduit par M. F. Guizot, Paris, 1983, tome 1, p. 354.

 

 

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