Comment prier?

Si nous accordons du prix à notre relation avec Dieu, il ne faut pas considérer la prière avec insouciance. Mais que voulait dire l'apôtre Paul quand il écrit : " En levant des mains fidèles je veux [...] que les hommes prient en tout lieu, levant des mains fidèles, en dehors de la colère et des débats " (1 Tim 2:8) ?

En regard du contexte, il semble que certains comme Hyménée et Alexandre avaient jeté la congrégation dans le trouble. Ils avaient semé une discorde, voire fomenté des troubles aux seins des communautés environnantes. Puisqu'il est parlé d'intercessions à propos d'hommes de toutes sortes, et à propos de rois et de tous ceux qui sont haut placés. L'agitation qu'ils avaient lancé, avait certainement placé les autorités de l'époque dans la confusion. On peut dire que les chrétiens à qui s'adressait la lettre de Paul, avaient oublié leur privilège, et qu'ils étaient devenus comme les gens des nations, c'est à dire batailleurs (comparer avec 1 Tim 3:3; Jac 3:18).

Il apparaît donc, que c'est davantage la condition de cœur dans laquelle quelqu'un se trouve , plutôt que la position dans laquelle il prie, qui a le plus d'importance. À l'exemple de Salomon, ou des psalmistes, nous devons être humbles. Sans tomber dans des expressions de dévotion exagérée, nous pouvons nous montrer humbles par le ton de notre voix. Des prières humbles ne sont ni pompeuses ni théâtrales. Elles attirent l'attention, non sur celui qui les prononce, mais sur Celui à qui elles s'adressent (Matthieu 6:5).

L'humilité transparaît aussi dans le contenu de la prière. Si nous prions avec humilité nous ne donnerons pas l'impression d'exiger de Dieu qu'il fasse certaines choses de la manière dont nous le concevons. Nous le prierons plutôt d'agir conformément à sa volonté sacrée. C'est ce que faisait le psalmiste dans cette supplication : "Ah ! YeHWaH , sauve, s'il te plaît ! Ah ! YeHWaH , accorde le succès, s'il te plaît !" (Psaume 118:25; Luc 18:9-14). L'avantage de réfléchir à l'avance à ce qu'on va dire dans une prière publique fait que l'on a pas à regretter par la suite d'avoir manqué de respect et de dignité.

Note : remarquez l'expression : "s'il te plaît" dans le Psaume.

A la question : comment? les Écritures répondent clairement : avec persévérance ! Comme cela est si bien souligné dans les paroles du Christ " Est-ce que Dieu donc ne fera pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit, même s'il use de longanimité à leur égard?" (Lc 18 :3-7). "Continuez à demander, et on vous donnera; continuez à chercher, et vous trouverez; continuez à frapper, et on vous ouvrira" (Matthieu 7:7).

Ce ne sera pas là "prononcer de vaines redites" (Mat 6 :7), mais manifester un intérêt sincère et ardent pour la chose demandée. En effet, il vous faudra probablement persévérer dans la prière. Au Vème siècle avant notre ère, le fidèle Nehémia a mené deuil, a pleuré, jeûné et prié pendant des jours à propos de la muraille en ruine de Jérusalem et de la situation pitoyable des habitants de Juda (Nehémia 1:1-11). Toutefois, dans son Sermon sur la montagne, Jésus a fait cette recommandation : "Quand vous priez, ne redites pas toujours les mêmes choses, comme font les gens des nations, car ils pensent [à tort] qu'ils seront entendus parce qu'ils parlent beaucoup".

Quelqu'un qui a des problèmes doit parler à Dieu avec franchise, comme à un véritable ami. Il faut lui dire tout ce que vous pensez, tout ce qui vous préoccupe. Mais attention, parler avec franchise ne signifie pas se comporter avec démence. Car il arrive que certains frappent les murs, les coussins ou le plancher. D'autres se mettent en colère et ne se maîtrisent plus.

Cette manière peu cavalière de se conduire ressemblerait à ceux qui se comportaient en prophète à l'époque d'Élie, ils suivaient la voie de leur esprit (voir aussi Eze 13:3). Ils marchent selon leurs propres conseils (Ps 81:12). Au regard des Écritures, les prophètes de Baal adoptaient un comportement bizarre. Pour ne pas leur ressembler, le croyant sincère se doit de préserver sa dignité, un grand respect et une grande réserve.

Le livre de l’Ecclésiaste ne déclare-t-il pas "que tes paroles soient peu nombreuses devant le vrai Dieu" (Eccl 5 :2). Non, qu'il faille ne pas parler, mais la Bible attire notre attention sur le fait qu’il est nécessaire de prêter attention à ce que l'on dit, lorsque l'on s'entretient avec le Tout-Puissant. Dans les temps passés, certains hommes, envoyés de Dieu, ont adopté un comportement étrange lorsque ceux-ci prophétisaient. Cependant, il ne faut pas oublier :

Il est vrai que le peuple israélite de l’antiquité a toujours été très expressif dans sa vie de tous les jours. Il arrivait souvent qu’un homme ou une femme, qui était placé dans une situation d’extrême douleur ou d’angoisse, agisse de façon très particulière. Se jeter de la poussière sur la tête, déchirer ses vêtements, frapper des mains, faisait parti du quotidien lorsqu’il y avait de la douleur ou du chagrin à exprimer.

De là à tirer la conclusion qu’un croyant puisse frapper les murs et bien d’autres choses encore, lorsqu’il prie (certains conseillent même de fermer la porte pour ne pas être pris pour quelqu'un d'anormal) et que cela soit naturel, n’a pas de précédent dans Le Livre Sacré. Cela doit nous faire penser à ceux qui choisissent de suivre la voie de leur esprit comme il est fait mention en Ezéchiel 13 :3.

En effet, il y a une nette différence entre celui qui perd sa contenance dans la prière à cause d’une profonde douleur, et se laisse aller afin que la douceur de l’esprit saint caresse son être, et celui qui délibérément se met à frapper un peu partout ou à crier. Celui-là, qui se conduit de manière peu cavalière serait semblable à ceux dont il est fait mention dans le livre des Rois, au chapitre 18, verset 6, qui se comportent en prophètes -de Baal- (et adoptent une attitude étrange).

Les Saintes Écritures, au contraire, montrent le grand respect que doit avoir un croyant dans ses relations avec Dieu. Sinon, il se pourrait qu’un croyant finisse par se conduire à la manière de Saül, que d’autres esprits ont fini par dominer.

Cependant, il se peut qu’un croyant ait besoin d’une thérapie particulière, pour passer l’épreuve qui fait partie d’un moment difficile de sa vie. Il arrive parfois que certains psychologues conseillent de libérer ses sentiments, ses larmes, voire ses cris et ses douleurs. Si cela doit arriver à un croyant, il est important qu’il sache que tous ses sentiments seront compris par notre Dieu Tout-Puissant, et il ne doit pas avoir de crainte à les exprimer. Cette exception par laquelle un chrétien affligé à l’extrême peut passer, doit faire partie d’une voie qui mène vers la guérison spirituelle et mentale. L’équilibre est indispensable dans une telle situation et garder l’isolement serait grave. Comme cet équilibre ne peut être atteint à cause de la santé, il sera nécessaire que ce croyant le recherche à la fois : dans la prière et aussi auprès des croyants de sa communauté (Jac 5:14-15), auprès des siens ou d’amis fidèles et sincères (Prov 17 :17), et d'un thérapeute qui ne heurte pas ses croyances.

 


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