Contestation de la prière

La pensée rationnelle a rejeté notamment l'aladanisme de la prière, parce que dans certaines civilisations, le religieux laisse entendre que la divinité pourrait satisfaire les caprices ou les besoins d'un individu.

L'aladanisme est cette tendance quasi-religieuse de considérer Dieu comme un bon génie, qui accompli les vœux de celui qui veut bien se donner la peine de frotter la lampe, comme dans les contes des mille et une nuits. C'est en particulier à cause de cela, que la civilisation occidentale a vu se développer deux sortes de pensée rationnelle. Cet aladanisme très oriental se perçoit très bien lorsque la situation est favorable et l'on entend alors : "Dieu a béni", et quand celle-ci est défavorable le croyant doit comprendre "Dieu ne bénit pas".

Par conséquent, il est compréhensible que la pensée philosophique ait récusé l'anthropocentrisme de la prière "intéressée"  (anthropocentrisme = l'homme le centre du monde). Ce genre de supplique paraît donc inconciliable avec Dieu même, lequel ne peut être un pourvoyeur des convoitises humaines. Elle est considérée comme étant indigne de l'homme raisonnable, lequel ne vise que des biens supérieurs et n'attend la satisfaction de ses besoins légitimes que de son propre effort. Ces penseurs attestent ces paroles si bien connues de la fable du charretier, où celui-ci entend ces mots : "aide toi et le ciel t'aidera".

La deuxième contestation est issue du contexte industriel. L'homme se sent assez autonome, assez sûr de lui, assez puissant pour assumer seul et sans angoisse excessive (ce qui ne veut pas dire sans souffrance ni misère) ce qu'il lui reste d'évidente impuissance.

Malgré cela, beaucoup de philosophes ont admis la légitimité d'un certain type de prière dont la fonction psychique élève l'âme vers les valeurs supérieures. Comme on peut le considérer dans cette parole d'un Psaume : " Ô toi qui entends la prière, oui jusqu'à toi viendront des gens de toute chair " (Psaume 65:2), le fait de faire un pas vers Dieu élève la spiritualité et la conscience, et par conséquent pose le fondement de lois sociales stables.

 


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