Le Chemin qui conduit
vers le lieu saint 
et la prière qui guérit
(c)

La pensée de Dieu est si impénétrable, si extraordinaire, qu'il est impossible à l'esprit humain de percevoir les chemins du Divin à moins que l'Être Suprême en personne, n'ouvre la voie. Son Esprit est si élevé qu'il pourrait sembler impossible de percevoir ne serait-ce que le bord de ses voies (Ps 55 : 8-9). Aussi, afin d'exprimer sa pensée profonde à l'égard des humains, Dieu s'est servi de modèles humains, plus proche de nous, pour nous permettre de percevoir la profondeur de sa richesse. Dans son immense bonté qui caractérise sa Personne, ce Dieu bienveillant a souhaité nous informer.

 Le Souverain de l'univers a bien voulu nous faire connaître par le moyen de Sa Parole, son exquise pensée en rapport avec la prière. Cette voie spirituelle si mystérieuse est portée à notre connaissance dans le Livre Sacré, grâce à un événement historique qui se déroulait régulièrement. Grâce à cette description, il est possible de connaître la prière qui mène au lieu saint : la prière qui guérit. C'est le moyen de comprendre comment agit la prière et ce qui plaît à Dieu pour obtenir pleinement sa bénédiction. Voyons cela plus en détail.

 A l'origine, en Israël, il y avait trois fêtes spéciales. Mais l'une d'entre elles avait ceci de particulier : elle clôturait la moisson et la récolte de tous les fruits du sol, que l'on pouvait trouver sur la Terre Promise. Elle s'appelait la fête des huttes ou fête de la récolte. C'était une époque de grande réjouissance.

 Parce que la bénédiction divine lui avait été accordée, celle ou celui qui allait à la fête ne devait être que joyeux. Afin que le peuple ne monte pas à la fête attristé par sa condition d'homme et de femme pécheur, YHWH avait fait en sorte que quelques jours auparavant, il y ait un événement solennel appelé jour des propitiations. Cette préparation spirituelle libérait le peuple de sa condition de pécheur et c'est dans la grâce divine, que tout le peuple composé des enfants, des femmes, et des hommes circoncis montait ensuite à la fête. (Il pouvait arriver que la situation d'un homme fasse qu'il ne pouvait pas laisser sa maisonnée sans surveillance. Son épouse allait donc le remplacer dans son rôle, et c'est alors qu'une complicité intime allait se créer entre l'homme et sa femme (Voir Prov 31).

 Replaçons nous dans le contexte pour vivre la scène et comprendre par le moyen de cet événement religieux, ce que Dieu voulait nous enseigner quant à la prière. Reportons-nous 3000 ans en arrière, au mois d’Éthanim, le septième mois de l’année religieuse et le premier mois de l’année civile. Ce jour se situe entre septembre et octobre. La plus grande partie des récoltes de l’année s’achevait ce mois-là. En effet, c’était le mois des vendanges suivies de la production du vin, qui réjouit le cœur de l’homme, de la récolte des olives, des dattes et des figues. Les olives servent de nourriture et fournissent l’huile pour s’éclairer. L’huile accompagne aussi de nombreuses offrandes de grain (Ps 104:15).

Le premier jour du mois est spécial et débute par une longue sonnerie de trompettes qui se fait l’écho de celles que l’on sonne à Jérusalem. C’est un jour de rassemblement et on ne fait aucun travail pénible.

Ce matin là, dans la cité sainte, après les sacrifices journaliers habituels, on sacrifie un jeune taureau, un bélier et sept agneaux mâles sans défaut âgés d’un an. Le tout est accompagné d’une offrande de grain composée de fleur de farine arrosée d’huile et d’un chevreau comme sacrifice pour le péché (Lv 23:24; Nb 29:1-6).

Cette fête marque le début d’un mois de reconnaissance envers Dieu.

A la porte de chaque ville, ou sur la grande place, se réunissent le peuple et les anciens, on y évoque les grandes victoires de Moïse et de Josué. Quelques prêtres sont là et lisent quelques portions de la loi devant la foule rassemblée. Puis tour à tour quelques-uns uns commentent les Psaumes de Moïse et de David.

Certains parmi les enseignants, sont impatients de rencontrer Nathan, car ils ont quelques questions à lui poser. Puis comme un seul cœur, tous chantent et louent le Dieu Sauveur. Un peu plus tard dans la matinée, comme il commence à faire chaud, la plupart rentre chez eux le cœur joyeux ; par petits groupes on va discuter de la Loi, car tous se préparent en vue du jour des Propitiations et de la fête des huttes.

Neuf jours ont passé. Aujourd’hui, le 10ème jour du mois, c’est un grand jour, c’est le jour des Propitiations (héb. : yôm hakkippourim, “ jour des couvertures ” ou jour de couverture des péchés). Il pourrait tout aussi bien être appelé le “ jour des rançons ”. (Lv 23:26-28). C’est un jour de sainte assemblée et de jeûne, le seul jeûne ordonné par la Loi. C’est aussi un sabbat, durant lequel il faut s’abstenir de tout travail ordinaire (Lv 16:29-31 ; 23:26-32 ; Nb 29:7 ; Ac 27:9).

Cette fête aide chaque membre de la communauté à prendre conscience de sa condition de pécheurs et de la nécessité d’une rédemption. Des sacrifices étaient offerts dans le Temple pour que la nation et son culte soient acceptés et restent approuvés du Dieu juste. Ce jour-là, le grand prêtre d’Israël offre des sacrifices pour couvrir les péchés, les siens, ceux des autres Lévites et ceux du peuple.

C’est le seul jour où le grand prêtre a le droit de pénétrer dans le compartiment du tabernacle ou du temple appelé Très-Saint (Hé 9:7 ; Lv 16:2, 12, 14, 15). Le temple proprement dit se compose essentiellement de deux compartiments, le Saint et le Très-Saint. L’entrée du Très-Saint est fait d’un épais rideau, une sorte de voile, magnifiquement décoré. Beaucoup plus tard, au moment de la mort de Jésus, ce rideau se déchirera en deux, de haut en bas, dévoilant l’absence de l’arche de l’alliance dans le Très-Saint.

A l’extérieur du temple, il y a déjà une grande foule de croyants rassemblés. Ils viennent de Jérusalem et de ses environs. Aujourd’hui, le grand prêtre va entrer trois fois dans le Très-Saint:

 Pour accomplir cette cérémonie, il fait l’aspersion du sang des animaux sur le sol, avec un bouquet d’hysope dans la main, devant l’arche d’or de l’alliance. 

L’arche est un coffre en bois de petite dimension, dont le couvercle porte des chérubins d’or (représentés par des anges à face humaine). 

 Le grand prêtre est le seul à voir un petit nuage qui brille comme une lumière vive dans ce lieu totalement fermé, et visible de personne (Ex 25:17-22 ; Lv 16:2, 14, 15). 

C’est la seule source de lumière dans ce compartiment du tabernacle où ne se trouve pas de porte-lampes.

 

Maintenant, racontons plus en détail ce qui se passe ce matin là, après les sacrifices habituels. Au temple, le Grand-prêtre entre dans le lieu saint avec un jeune taureau destiné à un sacrifice pour le péché et un bélier pour un holocauste (Lv 16:3). Il enlève ses vêtements sacerdotaux habituels (des habits d’un blanc pur), puis il se lave dans l’eau. Après cela, il revêt des vêtements sacrés de lin dont l’éphod, avant d’offrir les holocaustes (Lv 16: 4,23-25).

L’Éphod, est une œuvre de brodeur, une sorte de tablier fait d’or, de fil bleu et de laine teinte en pourpre rougeâtre, de tissu teint en écarlate de cochenille et de fin lin. Il consiste en deux pans, l’un recouvrant le devant, l’autre le dos, les pans étaient joints. Dessus il y a une ceinture du même tissu. Dans des montures d’or sur les épaulières, deux pierres d’onyx sont gravées chacune aux noms de six fils d’Israël. Le pectoral est suspendu aux montures d’or de ces pierres par des chaînes d’or de même facture qu’une corde. Un cordon bleu partait des angles inférieurs du pectoral et passe par des anneaux d’or fixés aux extrémités basses des épaulières de l’éphod, juste au-dessus de la ceinture (Ex 28:6-14, 22-28).

Ensuite, il accepte deux boucs (des chevreaux) sains et sans défaut, fournis par l’assemblée des fils d’Israël (Lv 16:5, 7). Il tire les sorts pour ces deux animaux, afin de déterminer lequel sera offert à Jéhovah en sacrifice pour le péché et lequel sera relâché dans le désert, porteur des péchés du peuple et appelé le bouc pour Azazel (Lv 16:8, 9 ; voir aussi 14:1-7). Puis il sacrifie le jeune taureau comme sacrifice pour le péché, pour lui-même, sa maison et la tribu de Lévi. Voir Lv 16:6, 11).

Après cela, il prend deux poignées de l’encens parfumé, ainsi que le récipient à feu, rempli de braises ardentes ôtées de dessus l’autel. Puis il pénètre à l’intérieur du rideau, dans le Très-Saint. L’encens est brûlé dans cette pièce la plus secrète du tabernacle, où se trouve l’arche du témoignage. Les “braises ardentes ôtées de dessus l’autel” diffusent l’encens qui recouvre comme un nuage le couvercle en or de l’Arche (Lv 16:12, 13 ; Ex 25:17-22).

Le Grand-prêtre ressort du Très-Saint, et se fait donner un peu de sang du taureau ; il pénètre de nouveau dans ce compartiment du tabernacle et procède avec son doigt à l’aspersion d’une partie du sang, sept fois, devant l’Arche du côté Est. Ainsi s’achève la propitiation pour la prêtrise, qui rend les prêtres purs et aptes à servir d’intermédiaires entre YeHWaH et son peuple (Lv 16:14). C’est d’entre les chérubins, sur le propitiatoire, que Dieu parlait quand il voulait communiquer avec Moïse ou avec le grand prêtre (Ex 25:22 ; Nb 7:89 ; Lv 10:8-10 ; Nb 27:18-21).

Le bouc sur lequel le sort est tombé pour être attribué “à YHWH” est sacrifié comme sacrifice pour le péché en faveur du peuple (Lv 16:8-10). Le grand prêtre emporte le sang de ce bouc dans le Très-Saint et fait propitiation en faveur des 12 tribus non sacerdotales d’Israël. Comme il a procédé avec le sang du taureau, il fait l’aspersion du sang du bouc vers le couvercle et devant le couvercle de l’Arche (Lv 16:15).

Les prêtres et le peuple qui se tiennent dans l’enceinte, entendent le Nom Sublime prononcé par le Grand-Prêtre, puis il s’agenouillent, se prosternent et tombent face à terre et s’écrient : "Loué soit à jamais le Nom de Son règne glorieux" (Yoma VI, 2).

Par ces moyens, propitiation est faite pour le lieu saint et la tente de réunion. Puis, prenant une partie du sang du taureau et du bouc, il fait propitiation pour l’autel de l’holocauste qui se trouve dans la cour, en mettant un peu de ce sang sur les cornes de l’autel. Avec son doigt, sept fois, il fait l’aspersion d’un peu de ce sang pour le purifier et le sanctifier des impuretés des fils d’Israël ” (Lv 16:16-20).

Le grand prêtre s’occupe ensuite du bouc qui reste, celui pour Azazel. Il pose ses mains sur la tête de l’animal, confesse sur lui “toutes les fautes des fils d’Israël et toutes leurs révoltes dans tous leurs péchés”. Symboliquement, il place les péchés du peuple sur la tête de l’animal, après quoi il donne l’ordre de l’envoyer dans le désert. Un fils d’Israël, se tient là, prêt. Ainsi, le bouc emporte les fautes du peuple dans le désert, où il disparaît (Lv 16:20-22). C’est aussi, de la part du Dieu des israélites, un symbole du pardon complet. Ensuite, l’homme qui a emmené le bouc doit laver ses vêtements et baigner sa chair dans l’eau avant de rentrer au camp (Lv 16:26).

Après cela, le grand prêtre va dans la tente de réunion, ôte ses vêtements de lin, se lave et revêt sa tenue ordinaire. Ensuite, il offre son holocauste et celui du peuple (utilisant les béliers dont il est question en Lv 16:3, 5), pour faire propitiation, faisant fumer sur l’autel la graisse du sacrifice pour le péché -symboliquement le meilleur- (Lv 16:23-25). Dieu réclama toujours pour lui la graisse des sacrifices, aussi les Israélites ne sont pas autorisés à la manger (Lv 3:16, 17 ; 4:31).

Les restes des cadavres du taureau et du bouc offerts en sacrifice pour le péché sont emportés de la cour du tabernacle en un endroit à l’extérieur du camp, où ils sont brûlés. L’homme ayant effectué cette tâche doit laver ses vêtements et baigner sa chair dans l’eau, après quoi seulement il peut entrer au camp (Lv 16:27, 28). En Nombres 29:7-11 nous lisons les autres sacrifices qui sont offerts ce jour-là.

Note : Évidemment, ces boucs offerts en sacrifice ne peuvent pas réellement enlever les péchés. Le rédacteur inspiré de la lettre aux Hébreux révèle que tout cela était symbolique. Ils préfiguraient seulement le sacrifice qui fait vraiment propitiation pour les péchés, celui de Jésus Christ (Hé 9:11-14; 10:3, 4). De la même manière que le grand prêtre entrait dans le Très-Saint avec le sang des sacrifices le jour des Propitiations, de même, le Christ apporta la valeur de son sacrifice, non devant un propitiatoire au sens propre, mais devant la présence même de Dieu au ciel (Lv 16:15 ; Hé 9:11-14, 24-28).

 Quatre jours plus tard, la « fête des Huttes » (des Tabernacles) ou de « la Récolte » va avoir lieu. La fête des Huttes célébre la récolte des fruits du sol, du “produit de la terre”, c’est-à-dire du grain, de l’huile et du vin (Lv 23:39). Elle a lieu du 15 au 21 Éthanim (Tishri), suivie d’une assemblée solennelle le 22 (Lv 23:34-36). La sainte assemblée du huitième jour constitue une conclusion solennelle du cycle des fêtes de l’année (Ex 34:22 ; Lv 23:34-38), ce qui entraîne tout naturellement la louange pour la bénédiction accordée.

Note : à propos de cette fête qui commençait le 15e jour de ce mois (soit dans les premiers jours d’octobre), l’historien Josèphe écrivit : “Le quinze du même mois, comme la saison s’acheminait désormais vers l’hiver, Moïse ordonne qu’on construise des tentes dans chaque famille afin de se mettre en garde et de se protéger contre le froid de l’année” Antiquités judaïques, III, 244 (X, 4).

 Note : À l’origine, Éthanim (Tishri ; septembre-octobre) était le premier mois du calendrier juif. Mais après l’Exode, il devint le septième mois de l’année religieuse, et Abib (Nisan ; mars-avril), devint le premier (Ex 12:2).

 Comme la fête des Huttes marque la fin de la plus grande partie de l’année agricole des Israélites, elle est donc une époque de réjouissances et d’actions de grâces pour toutes les bénédictions que YeHWaH a accordées dans la production de l’ensemble des cultures. D’autre part, puisque le jour des Propitiations a été célébré cinq jours avant, le peuple se sent en paix avec Dieu. 

Les participants doivent habiter sous des huttes (héb. : soukkôth) pendant les sept jours que dure la fête. En règle générale, on dresse une hutte par famille (Ex 34:23 ; Lv 23:42).

Ces huttes sont construites dans les cours et sur les toits des maisons, ainsi que dans les cours du temple, sur les places publiques et sur les routes, ne s’éloignant de la ville que jusqu’à la distance d’un parcours de jour de sabbat. Les Israélites doivent utiliser “du fruit d’arbres splendides”, des feuilles de palmiers, des branches d’arbres touffus et de peupliers (Lv 23:40).

Note : aux jours d’Ezra, on se servit, pour construire ces abris temporaires, de feuillages d’oliviers et d’arbres à huile, de myrtes (très parfumés) et de palmiers, ainsi que de rameaux d’autres arbres. Le fait que tous, riches comme pauvres, habitaient dans des huttes et même y mangeaient pendant les sept jours, et que les huttes étaient faites des mêmes matériaux pris des collines et des vallées du pays, soulignait qu’ils étaient tous égaux en rapport avec la fête (Ne 8:14-16).

Le 11 Éthanim, la plupart des participants, se mettent en marche. Depuis le lointain des routes qui mènent à Jérusalem, on entend des cœurs. On vient de partout, Thomas, Mattathias, viennent de Gaza ; Sophonie et Eliakim de Joppé, Jean et Pierre de Beèr-Shéba, Gad et Siméon viennent de Dan, Samuel d’Hébron et Aggée de Tyr. Mais qui est donc ce jeune roux aux yeux bleus, de hautes stature. C’est Samuel, mon cousin de Tyr répond Eliakim ! Il est circoncis au moins ? Car tu sais qu’il ne peut entrer dans Jérusalem en ce jour de fête! Il s’est fait circoncire voila trente jours, je suis témoin et Jacob aussi ! Il connaît la Thora et il a appris à lire notre langue.

La veille de la fête, le 14 Éthanim, la plupart des participants, sont déjà à Jérusalem. Le 14 est le jour de la préparation, chacun est occupé à construire des huttes, à se purifier et à préparer les offrandes et les sacrifices qu’il a apportés, tout cela dans une joyeuse ambiance fraternelle. Si c’est le sabbat hebdomadaire, on fait les préparatifs plus tôt.

Même ceux qui ont leur maison dans la ville adoptent ce mode d’habitation. La fête des Huttes leur rappelle quelque chose, et Lévitique 23:42, 43 nous dit de quoi il s’agit. Nous y lisons: “C’est dans les huttes que vous devrez habiter pendant sept jours. Tous les indigènes en Israël devront habiter dans les huttes, afin que vos générations sachent que c’est dans les huttes que j’ai fait habiter les fils d’Israël, lorsque je les faisais sortir du pays d’Égypte”.

La ville de Jérusalem et ses alentours offrent un spectacle unique et pittoresque, avec les huttes parsemant toute la ville, les routes et les jardins de Jérusalem. Les couleurs magnifiques des fruits et des feuillages, ainsi que les effluves des myrtes, ajoutent à cette ambiance de fête. Tous attendent impatiemment la sonnerie de trompette qui, en cette soirée de début d’automne, va retentir depuis l’élévation où se dresse le temple, pour annoncer le début de la fête.

Pendant la fête, on offre plus de sacrifices qu’à aucun autre événement de l’année. Le sacrifice de la nation commence avec 13 taureaux le premier jour et continue avec un taureau de moins chaque jour suivant, soit au total 70 taureaux. Elle compte aussi 119 agneaux, béliers et chevreaux, outre les offrandes de grain et les libations de vin. Au cours de la semaine, les participants à la fête apportent des milliers de sacrifices et d’offrandes (Nb 29:12-34, 39). Le huitième jour, où on ne doit faire aucun travail pénible, on offre en holocauste un taureau, un bélier et sept agneaux âgés d’un an, ainsi que des offrandes de grain et des libations, et un bouc comme sacrifice pour le péché (Nb 29:35-38).

Le résident étranger qui est devenu un adorateur circoncis est tenu par la même loi que les Israélites (Lv 24:22). Voici quelques exemples : il lui faut garder le sabbat (Ex 20:10 ; 23:12), célébrer :

Il peut offrir des sacrifices (Nb 15:14) et il doit le faire de la manière prescrite à l’Israélite de naissance (Nb 15:15, 16).

Pendant la cérémonie, les Israélites portent ce qu’on a appelé les “loulabs” et les ethrogs (ou cédrats). Le loulab est un bouquet de branches qui provient de différents arbres et que chaque Juif tient à la main. Cette coutume tire probablement son origine de Lévitique 23:40, qui dit: “Et vous devrez prendre pour vous, le premier jour, du fruit d’arbres splendides, des feuilles de palmiers, et des branches d’arbres à ramure épaisse, et des peupliers de ouadi, et vous devrez vous réjouir devant YeHWaH , votre Dieu, pendant sept jours.”

Note : A l’époque de Jésus, le loulab se composait:

  1. d’un rameau de palmier dont les feuilles n’étaient pas encore étendues,

  2. de trois familles de myrte portant des verticilles et 

  3. de deux branches de saule, un arbre d’un bois rougeâtre, aux branches longues et entières.

Les Israélites qui portaient ces loulabs les agitaient puis les jetaient après la fin des festivités. On portait le loulab et l’ethrog (ressemble au citron) lors de processions autour de l’autel, dans la Cour des prêtres. La procession se faisait une fois par jour pendant les six premiers jours et sept fois le septième jour. Ensuite, les Israélites mangeaient l’ethrog. Lors de ces processions, la foule chantait les paroles suivantes consignées en Psaume 118:25: “Ah! YeHWaH , sauve, s’il te plaît! Ah! YeHWaH , accorde le succès, s’il te plaît!” Les Gentils, confinés dans leur cour, ne pouvaient prendre part à ces festivités.

 

Le Chemin qui conduit au lieu saint

 

Cette célébration avait un sens spirituel très profond, c’est que nous font comprendre de nombreux textes des Écritures qui parlent de Jésus comme du Grand-prêtre, l’encens comme le symbole de la prière des saints, et bien d’autres choses encore (voir ces quelques versets : Ré 5:8; 8:3, 4 ; Hé 5:7 ; (Hébreux 9:24 ; Psaume 141:2; Marc 1:35; Jean 2:13-17; 12:27, 28; 14:30, 31; Hébreux 5:7 ; Ps 8:4-8 ; Hé 10:1-4 ).

De cet événement historique plusieurs enseignements s’en dégagent. Nous allons aborder l’un d’entre eux, qui est en rapport avec la prière. Il a été évoqué, dans ce sujet, que les israélites et les prosélytes pouvaient offrir des sacrifices et entrer en communion avec Dieu. Pour cela ils devaient se conformer aux lois prescrites par la Thora. Pensez à la joie que pouvait ressentir un non juif ou un étranger qui entendait parler pour la première fois de ce Dieu puissant et bienveillant qu’adoraient les israélites. Combien il devait ressentir une paix profonde qui commençait à l’envahir, une joie indicible qui allait changer sa façon de considérer les choses de la vie. C’est alors qu’il décide d’en savoir davantage et décide de se joindre à la foule qui monte à Jérusalem.

Quoique étranger de passage, il peut partager les émotions de cette grande foule de femmes, d’hommes et d’enfants qui chantent tous en cœur de magnifiques cantiques à la gloire du Dieu Souverain YeHWaH. Un Dieu qui a un nom, rendez-vous compte, et tout le monde dit qu’il est invisible ! Cet étranger sait très bien que des confins de l’Inde (de l’époque) jusqu’aux extrémités de la mer, tout le monde en parle. C’est lui qui a infligé une défaite aux dieux égyptiens. C’est alors que cet étranger se prend lui aussi à vouloir chanter et psalmodier.

Selon le Livre Sacré, il en est de même pour celui qui désire prier Dieu pour la première fois. Il entreprend tout d’abord une démarche hésitante, qui peut lui procurer beaucoup de joie. Ensuite, il est comme celui qui approche maintenant de Jérusalem, et de loin il voit la ville resplendissante et son Temple avec ses deux colonnes géantes faites de cuivre. Mais c’est un étranger, et même s’il le souhaite de tout son cœur, il ne pourra jamais communier avec le Dieu Tout-Puissant car il ne se conforme pas encore à la loi. Il en est de même aujourd’hui, celui qui s’approche de Dieu, doit le faire pleinement et agir suivant sa volonté. Ce n’est pas à l’homme qui marche de diriger son pas nous dit le prophète Jérémie. Ce qui signifie que ce n’est pas à nous de fixer les règles pour servir Dieu, mais c’est à Dieu de déterminer la manière de l’adorer. Qu’est-ce que cela implique ?

Que tout être humain qui entreprend une démarche spirituelle, peut ressentir une très grande joie qui l’envahit, mais cette joie ne peut-être complète que si cette personne poursuit sa démarche et se conforme pleinement à la volonté de Dieu. Si tel est le cas, elle pourra pénétrer dans les cours du Temple, et dans un sens spirituel, présenter à Dieu son sacrifice (spirituel). Si celui-ci est conforme à la volonté de Dieu (autrefois le sacrifice était présenté devant un prêtre, puis emporté vers l’autel de cuivre à l’intérieur du Temple), alors il recevra la bénédiction divine.

Cette démarche qui est décrite dans les Écritures constitue un modèle d’enseignement pour comprendre ce qui se passe eu égard la prière. Celui qui entreprend cette démarche peut ressentir de la joie indépendamment de son appartenance religieuse, et comme la joie agit sur le « soma » c’est à dire le corps, il peut s’ensuivre un meilleur état de santé ou bien d’autres choses encore. C’est ce qui explique que la prière procure un bienfait quelque soit la religion à laquelle est affilié quelqu’un.

Cependant notre Grand Créateur nous enseigne par cette fête religieuse juive, que la joie s’arrête aux portes du Temple. Et en plus, qu’il n’est pas possible à la fois de communier avec Dieu, mais encore de ne pas pouvoir se réjouir en compagnie des véritables adorateurs de Dieu à l’intérieur des cours du Temple ni de ressentir son esprit.

A ce sujet, Flavius Joseph explique qu'àprès la reconstruction du temple plusieurs choses étaient absentes, dont l'Arche de l'Alliance, les tables de la loi (avec bien sûr la baguette d'Aaron), mais plus encore la présence de Dieu matérialisée par la shékina, cette lumière divine dans le Très-Saint. Cette présence divine se faisait ressentir d'une autre manière encore, par la paix de l'esprit qui envahissait l'adorateur fidèle et sincère. C'est ce que l'on peut comprendre par cette déclaration du roi David: "Car un jour dans tes cours vaut mieux que mille ailleurs" ( Psaume 84:10; voir aussi les versets 3 et 4).

Car pénétrer à l’intérieur des cours du Temple est ce qui procure la guérison véritable, guérison spirituelle bien sûr. Elle consiste en l’approbation complète de Dieu, la certitude du pardon des péchés, et la conviction certaine que le Souverain de l’univers opéra une guérison durable en faveur de l’humanité, parce que ce témoignage est appuyé par son esprit.

C'est ainsi que dans la nature humaine imparfaite, grâce à la miséricorde divine et l'onction du saint par le sang du Christ, les êtres humains que nous sommes ont le grand privilège de vivre des relations spirituelles particulières. Dans un sens allégorique, notre prière passe le "voile", ce qui autorise tous ceux qui sont déclarés « justes » par Dieu, à résider dans un sens symbolique à l'endroit secret du Très-Haut. (Heb 10 :19-20 et Ps 91).

Aujourd’hui cela n’est possible qu’à la condition d’accepter le moyen prévu par Dieu pour s’approcher de lui et de bénéficier de sa faveur. Ce don est gratuit et il appartient à chacun de décider d’accepter la main tendue par Dieu ou de la repousser. Puissiez-vous bénéficier de la guérison spirituelle véritable grâce à la prière qui guérit (Jean 3 :16; 15:14; 1 Jean 5:3).

  


Étude et commentaires du Livre Sacré    http://www.le-livre-sacre.net


 

Note: 

Il est de fait dans la Bible, que les anges sont des esprits. La représentation d'anges dans le Saint et le Très-Saint du Temple servait à dessein d'enseignement et non de culte. La première référence biblique relative aux chérubins se trouve dans le livre de la Genèse au chapitre 3.

Contrairement aux conceptions hébraïques, quelques archéologues ont attribué un corps d'animal aux chérubins pour établir une correspondance  avec le culte des assyriens. Mais c'est pour eux méconnaître qu'il fut une époque où les assyriens attribuaient eux aussi un corps d'homme aux chérubins. On peut constater cela grâce à cette gravure assyrienne ci-dessous, qui représente deux chérubins devant l'arbre de vie dans le Jardin d'Éden. 

Retour