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Le baptême des enfants est-il acceptable ? S.J

Afin de répondre à cette question, au préalable, il est nécessaire de rechercher la définition du baptême que donne les Saintes Écritures et non l’explication que fournit la tradition. Il est vrai que d'autres cultures judaïques pratiquaient le baptême avant Jésus, mais nous allons considérer le baptême au travers de la Bible.

En ce qui concerne le baptême d'eau, le mot grec baptisma désigne l’acte d’immersion, qui comprend une submersion et une émersion ; il dérive du verbe baptô, qui signifie “ tremper ”. (Jn 13:26.) Dans la Bible, "baptiser" est synonyme d’immerger. C’est ce que montre la comparaison des bibles courantes avec la Bible de la Pléiade, qui rend ainsi Romains 6:3, 4 : "Ou ignorez-vous que nous tous qui avons été immergés [baptisés] dans le Christ, nous avons été immergés [baptisés] dans sa mort ?"

Qu'avec le baptême soit associé un ou plusieurs symboles, c'est ce qui est clairement défini dans le verset ci-dessus. Par ailleurs, la notion de symbole associé au baptême est très ancien, comme nous l'expliquent les apôtres saint Paul et saint Pierre (1 Cor 10:2 et 1 Pi 3:21). Dieu, lui même en étant l'initiateur.

Si nous considérons la déclaration de Pierre, que le baptême est la demande faite à Dieu, pour obtenir une bonne conscience relativement au péché, on peut raisonnablement se demander si le baptême des petits enfants revêt un sens (Voir Actes 10: 43 et Marc 1:5 où les juifs qui venaient vers Jean, confessaient ouvertement leurs péchés). Paul, quant à lui parle d'une vie nouvelle qui a pour point de départ le baptême. Cette vie nouvelle et conforme à la volonté de Dieu, est établie sur le modèle laissé par le Christ, pour faire la volonté de Dieu. Un petit enfant n'ayant pas encore entamée l'expérience de la vie, comment pourrait-il mener une existence sur un plan nouveau, puisqu'il n'a pas encore pris conscience qu'il pèche.

Comme argument à l’appui du baptême des petits enfants, certains invoquent les cas où des "maisonnées" furent baptisées, telles celles de Corneille, de Lydie, du geôlier de Philippes, de Crispus et de Stéphanas (Ac 10:48 ; 11:14 ; 16:15, 32-34 ; 18:8 ; 1Co 1:16). Selon eux, cela sous-entend que les bébés de ces familles furent aussi baptisés. Mais, dans le cas de Corneille, ceux qui furent baptisés étaient ceux qui avaient entendu la parole et reçu l’esprit saint ; ils parlaient en langues et glorifiaient Dieu ; ces précisions ne pouvaient s’appliquer à des tout-petits (Ac 10:44-46).

Voyons un autre fait. Si nous lisons l'évangile de saint Matthieu, chapitre 28, verset 19, l'action de baptiser suit l'enseignement (puisque faire un disciple c'est l'instruire dans un code morale). Dans le livre des Actes des apôtres, l'enseignement est associé au baptême. Il apparaît donc, qu'il ne peut y avoir baptême d'eau, que si un disciple peut-être enseigné, qu’il comprenne les notions de péché et de repentir (en Actes chapitre 2 à 7).

Plus encore. Si nous considérons la notion d'esprit saint qui est associée au baptême, ainsi que la nécessité d'établir de bonnes relations avec son Père céleste, il est évident que cela n'est pas possible chez un petit enfant.

En ce qui concerne un enfant, il peut en être différemment. Cela dépend de sa maturité spirituelle, affective, et bien d'autres choses encore qui feront qu'il ressentira son étroite dépendance avec son Créateur. Mais on ne peut généraliser une exception.

Tout comme Tertullien, l'auteur s'appuyant sur les Saintes Écritures, plaide pour le baptême des adultes. Car, comme nous avons pu le considérer, le baptême des petits enfants n'est pas une notion biblique. Il faudra que le concile de Carthage (253 de n.è) déclare que les nouveau-nés doivent être baptisés dès leur naissance, pour que cela devienne un sujet de controverse.

Cordialement

Dominique

 


Étude et commentaires du Livre Sacré
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