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Pourquoi y a-t-il tant de polémiques autour du nom divin? B.A

Salut je voulais te demander rapidement pour toi quel est le vrai nom de Dieu et si tu le prononces Jéhovah . Merci a très bientôt. F.R

Que penser de la traduction de YHWH par Iéhovah (cfr.W.Tyndale)? Que peut-on dire de la signification de ce NOM alors même qu'il peut se résumer par: "je suis celui qui suis" ou "Il fait devenir" c'est-à-dire que l'action est en mode de continuation, Il est celui qui réalise toute parole sortie de sa bouche? Est-ce aller trop loin? Y.M.


 

Réponse :

Le nom divin est le verbe "être, devenir" conjugué à la 3ème personne d'un temps qui n'a pas d'équivalent français (à mi-chemin entre le présent et le futur). Ce temps de verbe est très utilisé par les hébraïsants, ainsi que dans la langue arabe.

Plusieurs traductions françaises ont été proposées (voir le nom divin). L'auteur penche pour la traduction française "Il est devenir", qui se rapproche le plus de la traduction du verbe hébreu hayah, le plus du temps hébreu qui laisse paraître présent et futur, et qu'il traduit mieux la personnalité de Dieu en qui réside notre devenir. Sa force réside dans le fait qu'il exprime la vie, comme le souligne si bien A. Westhphal.

Une question se pose : doit-on traduire un nom propre ou « signifier » un nom propre, c'est à dire aider à percevoir le sens. Le nom de Jésus, de Josué, d’Elie, etc.. Sont-ils traduits (décrits) ? Non, pas vraiment. Le sens du nom est sans aucun doute utile, pour approfondir les Saintes Écritures, mais les premiers chrétiens n’ont pas jugé utile de le traduire littéralement. Cela souligne l’universalité du message et que les actions et les paroles des personnes concernées avaient plus d’importance que la traduction du nom. 

Un élément supplémentaire à prendre en considération: il est plus facile d’utiliser un nom propre et de le «porter» dans une autre langue que de le traduire. Ce qui dans certaines langues ne peut se faire. D’autre part, étant donné l’évolution et les modifications des langues, un temps précieux allait être «économisé» pour se concentrer sur des choses essentielles et vitales (1 Cor 9 :16). Ainsi, on peut aisément comprendre que l'hébreu "YeHoWaH" a été prononcé Iéhovah par Tyndale ou Jéhovah par Crampon et Segond.

Quelques uns ont dit que la prononciation du nom s'est perdue. Soyons clair. Personne ne sait aujourd'hui comment Abraham ou Moïse prononçaient le nom divin. Le savant ouvrage de Gérard Gertoux, "Un Nom un encens", donne un excellent historique de l'utilisation du nom de Dieu.

Par ailleurs, ce Nom (YHWH) utilise 3 consonnes différentes (yod, hé, waw). Ces consonnes, sont les seules à posséder un son voyelle. Tous les hébraïsants les connaissent. Elles sont utilisées partout dans la langue hébraïque. C'est par ce moyen que nous savons comment un personnage ou une ville étaient appelés. Il ne fait aucun doute, que par ce moyen et quelles que soient les circonstances, jamais le Nom divin ne serait oublié. Si la prononciation Yahvé est utilisée, on ne peut plus prononcer les noms propres tels que Yehoshaphat, Yehou, etc.. 

Selon la grammaire et la déclinaison, il se prononce YéHoWaH (écrit YéHouWaH). Dans le codex de Leningrad B 19A, qui se trouve en Russie, le Tétragramme est vocalisé en Yehwah, Yehwih, Yèhwih et Yehowah. Selon l'époque et la région, c'est à dire selon les phonèmes utilisés pour prononcer l'hébreu dans un contexte d'époque et de géographie, il y a quelques variantes. Ce dont on est à peu près sûr, c'est qu'il se prononçait ainsi à l'époque du Christ Jésus. On en trouve quelques transcriptions phonétiques grecques au 1er et 2ème siècle de notre ère, et les grottes de Qumram nous révèlent la prononciation des Matres lectionis.

Alors pourquoi tant de polémiques?

Il y a quelques siècles de cela, les juifs superstitieux ne l'ont plus utilisé. Plus tard encore, comme on peut le lire avec Moïse Maimonide, certains arabes le prononçaient mal. Ils introduisaient d'autres consonnes et donnaient (involontairement) une consonance péjorative. On peut considérer aussi que les tenants de la trinité, en faisant disparaître le nom divin, permettaient qu'on assimile Dieu le Tout-Puissant à Jésus. Puis vint le moment où certains dirent que puisqu'on ne connaissait pas la prononciation exacte, il était préférable de s'en abstenir. Il finit donc par disparaître de nombreuses bibles. Cependant de nombreux biblistes ont oeuvré afin qu'il reprenne, de droit, sa place. Malgré cela, il n'est présent que dans quelques rares traductions grecques des Saintes Écritures. 

Comment est-ce que je le prononce?

L'auteur fait comme dans le livre de Daniel. Il tient compte de son auditoire. En présence de Néboucadnezzar, Daniel n'entre pas en polémique, ce qui aurait affaiblit la portée du message de Daniel envers ceux qui écoutaient. Il utilise ce que le roi et sa cour connaissaient: "le Dieu du ciel". Pour les catholiques j'utilise YaHWeH ou YaHVeH, pour les protestants : Dieu le Tout Puissant ou Jéhovah, pour les musulmans :Allah ou YaHWaH, etc..

 

Remarque complémentaire suite à un courrier

 

Il semble qu’un certain nombre de personnes disent que puisque les chrétiens utilisaient la Septante, ils n’ont pas fait usage du Nom divin. Analysons cet argument en deux étapes. 

Premièrement

Il est utile de rappeler que les premiers chrétiens étaient des hébreux issus de Palestine ou de Judée. Ils parlaient l’hébreu et l’araméen. Ils avaient l’habitude de lire les rouleaux rédigés en hébreu, même s'ils parlaient un dialecte araméen entre eux. La question que nous posons est la suivante : quels textes les apôtres ont-ils bien pu lire après la Pentecôte, puisqu'ils étaient assidus au temple, ils étudiaient et priaient constamment? D’autre part : 

  1. puisque de nombreux prêtres et lévites se sont convertis, des hommes qui étaient chargés de statuer les affaires légales par rapport à la Thora (Act 6:7).

  2. que la Thora en langue grecque était exclue du temple et de la Judée.

  3. que dans les synagogues de Judée on lisait et faisait usage des Écritures hébraïques.

  4. que le but des apôtres était d'expliquer que le Christ était bien celui qui accomplissait les prophéties (voir aussi le dialogue sur le chemin d'Emmaüs), et de l'expliquer à des hébreux, qui avaient l'habitude de lire la Thora et les Prophètes dans la langue hébraïque.

En conséquence, à Jérusalem ou en Judée, où allaient-ils bien pouvoir puiser leurs références, si ce n’est dans les Écritures hébraïques ? L'hébreu était la langue sacrée, la langue de la religion (voir le livre des Actes 21:40), et il n’y avait pas d’autres manuscrits que les manuscrits hébreux. Comment s’exprimer autrement au sujet des choses précieuses ?

Alors, ont-ils utilisé le nom divin à la Pentecôte et peu après?

Prenons en considération, ce que l’on peut penser être le point clé. Les israélites ayant failli quant à l’alliance mosaïque, une nouvelle alliance s’imposait. Celle-ci fut annoncée par le prophète Jérémie (31 :31-33) et validée par le sang du Christ (Heb 8 :8). Rendez-vous compte, pour réaliser le dessein de Dieu, une nouvelle alliance devient nécessaire parce que le peuple juif dans son ensemble (l’auteur ne dit pas : dans sa totalité) n’a pas accompli sa mission sacrée. Par conséquent, les premiers chrétiens (composés de juifs et prosélytes) ont été introduits dans cette alliance. Et pourquoi cette alliance ? Pour établir un peuple qui devient une possession spéciale (1 Pi 2 :9). Croyez-vous vraiment que les premiers chrétiens aient pu faire si peu de cas du nom divin, et qu’ils se sont abstenus de l’utiliser ? Croyez-vous qu’ils auraient voulu être les égaux d’un peuple maintenant délaissé? Si Dieu le Père lui-même, vous donnait le grand privilège de le représenter, seriez vous tenté de faire ce que d’autres ont fait et qui leur a valu la désapprobation divine ?

Deuxièmement

Au tout début, le christianisme s’est d'abord développé en Palestine et en Judée. Il a touché plus particulièrement tous ceux qui venaient au Temple. Après la lapidation d’Étienne, sous l’impulsion des prosélytes de langue grecque, le christianisme a pris son essor. Or, dans toutes les contrées lointaines, la Septante était utilisée (sauf dans la région de Babylone, semble-t-il). A cette époque là, comme le souligne les manuscrits grecs, la Septante contenait le Tétragramme hébreu dans le texte grec. Puisque qu’au péril de leur vie, ils avaient hardiment témoigné de la volonté divine (ce qu’Etienne avait démontré par sa mort), s'ils utilisaient le nom divin dans leur témoignage auparavant, pourquoi s'en abstiendraient-ils maintenant? La crainte de l’homme ? Mais puisque rien ne les arrêtait, pas même la mort (ni les lions ou les loups dans les arènes romaines)?

La question qui se pose n’est plus de savoir s’ils s’en abstiendraient, mais s’ils l’utiliseraient en public ? Eh bien, comme le montre le livre des Actes, il n’y a pas de doute qu’ils l’utilisèrent dans le cadre de citations directes des Écritures. Il semble même qu’une opposition très vive, à l’instigation des juifs hors de Palestine, se fit quant à la prononciation du nom divin, tant et si bien que hors de Palestine ou des environs, les chrétiens n’ont plus eut accès aux rouleaux hébreux. Mais nous y reviendrons.

Je vous recommande la lecture du thème : Le Glorieux Nom Divin - A-t-il sa place dans le Nouveau Testament ? site de Didier Fontaine

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Très cordialement

Dominique

 

 


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