Parmi tous les croyants qui ont fait de la Parole de Dieu leur délice, certains se sont parfois demandés : comment Dieu allait apporter son salut au plus grand nombre ? Un enseignant respecté, l’apôtre inspiré saint Paul, fait référence au fait qu’avant de devenir croyants beaucoup se trouvaient dans une sorte de ténèbres spirituelles (Ep 5:14), quelque chose que l’on pourrait appeler une forme d’immaturité spirituelle (Héb 5:12, Eph 4:14).

Jésus fait une proclamation intéressante à ce sujet dans son fameux sermon sur la montagne. Après avoir guéri de nombreuses personnes, il déclare devant la foule rassemblée: «Heureux ceux qui sont conscients de leur pauvreté spirituelle» (Mat 5:3; Kuen). Par ces mots, le Christ met en avant que les bienfaits spirituels sont plus importants que la guérison physique dont vient de bénéficier un grand nombre d’auditeurs. Au nombre de ces choses spirituelles, il y a le désir d’apprendre à connaître Dieu et sa volonté.

Dès lors, il n’est pas surprenant que depuis des milliers d’années, de nombreux croyants se soient attachés à discerner quelle était la volonté de Dieu. Parmi ceux qui se sont révélés zélés pour rechercher quel était son dessein, on trouve non seulement des hommes, mais aussi des anges (1 Pi 1:10-11). Il est donc raisonnable de se poser la question, quant à savoir : quel est le message principal du Livre Sacré ?

Le texte ci-dessus et bien d’autres, comme celui de l’Apocalypse au chapitre 19 verset 10, où nous lisons : « le témoignage de Jésus est l’esprit de la prophétie », sembleraient indiquer que le thème de la Bible est « de rendre témoignage à Jésus-Christ ».

Cependant, parmi les nombreux discours qui ont été écrits ces derniers siècles, il se trouve aussi de nombreux auteurs qui ont suggéré que : puisque la rançon fournie par Dieu est l’unique moyen de salut et le seul chemin qui mène à Dieu (Jn 14 :6), alors la rançon serait le sujet principal des Écritures.

Il apparaît que cette pensée emporte l’adhésion de beaucoup. Pourtant, si l’on tient compte de deux déclarations supplémentaires de Jésus-Christ, il est possible de tirer d’autres conclusions.

Voici la première. Elle est tirée de l’évangile selon saint Marc, au chapitre 12, versets 28 à 31 où nous lisons : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force » puis « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Ainsi, et sur la base des propos du Messie, il pourrait être possible de croire que l’amour de Dieu et du prochain représente l’idée principale du Livre Sacré.

Voici la seconde. C’est une proclamation de Jésus que nous lisons en Matthieu chapitre 6, versets 9 et 10 : « Notre père qui est dans les cieux ! Que ton Nom soit sanctifié; que ton règne vienne (…) ». Il est remarquable de constater tout l'intérêt que Jésus portait à l'égard de son Dieu et Père par ces paroles rapportées par l'évangéliste Jean :"Père, glorifie ton nom" (Jn 12:28). 

Par déduction, ces versets pourraient parfaire notre étude pour laquelle nous conclurions en disant que : la sanctification du Nom de Dieu au moyen du royaume est le thème du saint livre. D’autant plus que l’on retrouve cela, aussi bien dans le livre de Daniel, que dans la prédication du Christ.

Mais d’autres encore, qui font référence à la première lettre de Jean, au chapitre 4, verset 8, ont pensé que seul l’amour de Dieu à l’égard de l’humanité, était la substance des déclarations sacrées, et par conséquent le fond.

Ces quelques lignes ont tenté de résumer les pensées de quelques chrétiens. A la lecture de tout cela, vous constaterez qu’il existe de nombreux avis, et qu’il est difficile de trouver un consensus général. Mais se pourrait-il que tous les thèmes énoncés ne soient en réalité que des sous-thèmes de quelque chose de plus grand, quelque chose de transcendant, voire sublime par sa perfection ? La beauté des Écritures, serait-elle comparable à un arbre aux multiples branches, dont chacune d’elle se rattacherait au tronc commun ?

Comme point de départ pour notre discussion, accepteriez vous que l'on puisse poser comme fondement qu'il est possible de trouver un lien commun? Cela nous permettrait de faire une analyse et de vous proposer un chemin de réflexion qui, s'il s'avère exact, se trouvera confirmé par les Écritures.

Pour cela posons-nous ces quelques questions :

Car là, les Écritures répondent clairement « non ». Elles en parlent d’ailleurs comme faisant partie du « Saint Secret » (Mc 4 :11; Rom 11 :25; Rom 16 :25; etc…). Par conséquent, il est clair que les anges, tout comme les hommes, ont découvert la miséricorde de Dieu. En effet, à partir du moment où des dispositions ont été énoncées en vue du salut, toutes les créatures intelligentes ont pu percevoir l’étendue de l’extraordinaire bonté qui caractérise l’amour de Dieu.

Donc, à partir de ces deux questions, il nous est possible de discerner qu'un voile a été levé sur la personnalité de Dieu. La connaissance de Sa personne s'est faite plus claire. Est-il encore possible de progresser dans notre découverte? Posons nous cette autre question: 

Si l’on répond que c’est par la sagesse, d’autres encore, comme Ezéchias ont été moins sage mais leur royauté fut tout autant bénéfique, et même mieux sous certains aspects. Car eux, ils avaient en plus une œuvre de purification et de reconstruction à entreprendre. Salomon avait-il quelque chose de plus qui permettrait de guider notre réflexion?

En effet, la sagesse était le complément nécessaire d'un juste exercice de la royauté. Mais il était requis de Salomon qu'il possède davantage, car même les rois de Tyr ont été sages, mais combien ont plu à Dieu? (Zac 9:2). Les Écritures associent souvent la sagesse avec la connaissance liée à l'expérience pratique (comparer avec Jb 11:6; Pr 2:6-7; 8:14; Lc 16:8). Ainsi, il a toujours été requis, dans le Saint livre, qu'un prince, un  juge, ou un roi exerce sa connaissance en harmonie avec la volonté divine (Jos 1:7).

Or, au début de sa royauté, Salomon savait ce qui plaisait à Dieu, et l'a fait. Tout comme Jésus le dira plus tard de lui-même : « je fais toujours ce qui lui plait » (Jn 8 :29). Dans sa jeunesse, Salomon avait reçu un enseignement remarquable par Bath Schéba, sa mère, et par son père le roi David.

Il ne fait pas de doute que son père lui a enseigné à rechercher non seulement l’intimité avec Dieu, mais aussi à compter sur sa bonté, et à l’exemple de Dieu, à faire preuve de miséricorde. Ses parents n'avaient-ils pas, tous les deux, bénéficié de la compassion de Dieu? Plus tard, c’est l’éloignement de cœur de Salomon qui rendra son joug pénible et injuste. D’autre part, le règne juste de Salomon était une figure prophétique du règne de Jésus (comparer avec Ps 37).

Ainsi dans les Saintes Écritures, ce n’est ni le règne ni la sagesse qui sont essentiels, mais la connaissance intime de la personne de Dieu et la mise en pratique de cette connaissance. C’est à dire qu’avec le règne, il doit être associé quelqu’un qui reflète, de la meilleure façon qui soit, les qualités divines. 

Selon le Livre Sacré, Dieu accorde une grande importance à celle ou celui qui possède une connaissance complète des œuvres de Dieu, relativement à son époque (comparer avec Heb 1 :1-3; Col 2 :9). Bien entendu, cette connaissance est souvent incomplète puisqu'elle est relative à une époque. Nous avons pour exemple Abraham, Moïse, saint Paul ou saint Pierre qui avaient une compréhension différente. Disons que celle des uns pouvait être plus complète que celle des autres.

C’est parce que Salomon avait cette juste connaissance, qu’il a demandé non pas la richesse ou le pouvoir, mais ce qui plaisait à Dieu. Il a reçu ce qui, dans les Écritures, porte le nom de sagesse de cœur. Cela lui a permis d’entamer un bon règne avec toute la sagesse nécessaire pour faire paître les brebis de YHWH. (Comparer avec Jer 23 :1-3 et Zac 11:16-17).

Par conséquent, il serait également possible de penser que le thème du Livre Sacré porte davantage sur l’identité de Dieu, la révélation de sa personne et notamment l’étendue de sa miséricorde. Cette miséricorde que notre premier père Adam n’a pas sollicitée, laissant entendre par-là que Dieu en était dépourvu.

A ce point du sujet, et avant de développer cette idée, il serait intéressant de se poser une autre question :

La juste direction du Grand Administrateur de l’univers ayant été mis en cause (voir le thème sur la Création à partir de la page s25.htm), Dieu nous montre qu’Il peut partager sa royauté avec qui Il veut. Depuis l'œuvre du Messie, nous savons qu'il s’agit de Jésus-Christ, à qui Il délègue son autorité, voir Ps 2:6 et Mat 28:18, Dan 4:17). Cependant, la nature de la créature qui aime son Dieu et Père de toute son âme fait qu’elle ressent le besoin de rendre à Dieu ce qui lui appartient (1 cor 15:24).

Cette extraordinaire notion de partage, se retrouve encore dans l’évangile de Jean, chapitre 5, verset 26. Car s’il n’y a de doute pour personne, que Dieu est Tout Puissant, et qu’Il installe son roi (Ps 110 :1; Dan 7 :13), répondant ainsi à l’insulte de l’ange rebelle.

Il apparaît aussi que YéHWaH (nom de Dieu en hébreu) possédait une autre qualité qu’aucune créature n’a jamais eue : celle d’avoir la vie en soi. Cet étonnante qualité qui permet de donner la vie à la nature morte, ou d’amener à l’existence ce qui n’est pas, est une aptitude extraordinaire (c’est ce qui permet, entre autres, d’espérer en la résurrection). C’est la raison pour laquelle une si belle louange est adressée au Créateur dans le livre de la Révélation ou Apocalypse, chapitre 4, verset 11. Or, ce don a été accordé au Messie, Jésus (Jn 5 :26), et fait désormais partie de sa personne, ce qui le rend différent de tous les rois de la Terre (1 Cor 15 :53; 1 Tim 6 :16).

Grâce à ces éléments, et encore bien d’autres, nous pouvons percevoir que le Royaume, et ce qui l’accompagne, est un autre moyen de révéler l’identité ou la personne de Dieu.

N'est-il pas en effet normal de s'intéresser davantage à celui qui met en place une institution, et à la raison de sa mise en oeuvre, qu’à l’institution elle-même et à son mode de fonctionnement? C'est peut-être l'une des raisons qui fait que chaque partie lue de la Bible, nous enseigne un aspect de la personnalité de Dieu. On peut même dire que Le Livre Sacré exalte l'amour, la sagesse, la justice et la puissance de Dieu.

Note : certains auteurs relèvent quelques textes pour dire que le Dieu des juifs était cruel. Ce point de vue est la conclusion malheureuse d'une lecture hors contexte, prenant certain versets et négligeant d'autres. L'auteur ne soutient pas ce point de vue, car il s'applique à ne négliger aucun verset.

Au sujet de la connaissance de Dieu, il est peut-être utile de rappeler que Jésus n’a pas requis de ses disciples qu’ils apprennent à connaître le Royaume et lui soient soumis, mais « qu’ils apprennent à connaître Dieu » (Jn 17 :3). En effet, un disciple comprendra la nécessité du Royaume, et reconnaîtra Christ comme étant celui qui est l’envoyé et le Roi. Puis de tout cœur, il se soumettra tout volontairement au Christ qui en est le représentant. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on trouve parfois si étroitement associé Jésus-Christ avec le Royaume de Dieu. Dès lors, la question qui vient à l’esprit n’est pas seulement qu’est-ce que ce Royaume, mais pourquoi Dieu utilise t-il un royaume ? Quelles en sont les raisons ?

Ainsi il apparaît que le thème du Livre Sacré est : la révélation de la personnalité de Dieu. C’est à dire la profondeur de Son amour, de Sa richesse, de Sa sagesse et de Sa connaissance.

La révélation de Sa personne au cours des millénaires permettrait à toutes les créatures, qu’elles soient au Ciel ou sur la Terre, de constater comment Dieu allait employer sa miséricorde. En usant de cette qualité, Dieu allait mettre en place une administration qui rétablirait son dessein, sans qu’Il outrepasse ses lois. La miséricorde qui se glorifie aux dépens du jugement, allait permettre d’atteindre un but, sanctifier à tout jamais le saint Nom de Dieu (Rom 11:33 ; Eph 1 :10 ; Rom 9 :23). Les Saintes Écritures qui furent complétées au fur et à mesure des siècles, rapporteraient Ô combien, Dieu est saint, juste, véridique et unique sauveur (Is 43 :9-11 ; 41 :20 ; Jer 31 :34).

Note : la miséricorde de Dieu, fait appel à une disposition remarquable de la part du Créateur : YHWH est disposé à se laisser solliciter. Cette miséricorde qui est une composante de son amour, était demeurée cachée depuis des temps indéfinis. Elle était inconnue, parce qu’elle fait appel à la pitié envers quelqu’un de défavorisé relativement au péché. Si nous comprenons qu'il fut un temps où le péché n’existait pas, il n'y avait donc pas de condition malheureuse permettant l'exercice de la miséricorde.

En portant à notre connaissance Ses extraordinaires qualités, et particulièrement Sa miséricorde, les Saintes Écritures louent et exaltent leur divin Auteur, un peu comme cette illustration des pierres qui crient (Lc 19:40). Puis, grâce à la prière modèle, nous pouvons discerner que le Livre Sacré poursuit ou révèle un but : Dieu va sanctifier Son Nom (YHWH), que le Royaume est le moyen utilisé par Dieu pour parvenir à cela (élevant au plus au point la plénitude des qualités divines). Les bienfaits de ce Royaume ont été et seront rendus possibles grâce à la rançon fournie par Dieu en la personne de Jésus-Christ. Tout cela aura pour conséquence que la volonté de Dieu sera faite aussi bien au ciel, que sur la Terre, et que tous les humains se béniront (Gen 22 :18).

Si le récit de la Création pose le fondement de la connaissance des qualités de notre Grand Auteur, il est néanmoins difficile d’en percevoir le thème. Ce qui est normal, puisque qu’à l’origine Le Livre Sacré n’existait pas. Cependant, et comme vous le savez, le thème est la proposition que l’on développe tout au long du discours. Celle-ci a été clairement exprimée après que Moïse ait posé une question.

L’événement se situe il y a environ 3500 ans, à Horeb. Après sa question «Quel est son nom? Que leur dirai-je?». Il reçut la réponse suivante, que l’on trouve en Exode 3, verset 14 : «JE ME RÉVÉLERAI ÊTRE CE QUE JE ME RÉVÉLERAI ÊTRE». Cette réponse insolite se comprend mieux à la lecture de Exode 6, verset 3 : « Et j'apparaissais à Abraham, à Isaac et à Jacob comme Dieu Tout-Puissant, mais, en ce qui concerne mon nom de YHWH, je ne me suis pas fait connaître à eux ». Bien sûr, Son Nom était connu, mais la compréhension qu’en avait ces patriarches quant à l’implication de ce nom, était moindre.

Puisque dans un discours, le thème est sans cesse rappelé de manière directe ou indirecte. Eh bien, c’est ce que l’auteur des Saintes Écritures a réalisé au moyen de son Nom, qui signifie selon certains «Il fait devenir» (par rapport à lui même, sa personne ou sa volonté), que l'on peut également traduire par "Il se révèle être". Ce Nom se trouve près de 7000 fois dans le Livre Sacré.

C’est pour cette raison que l’apôtre Paul fait une nette distinction, malheureusement pas toujours très bien traduite, entre connaissance (gnôsis) et connaissance exacte (épi-gnôsis). On peut la trouver d’une manière résumée en Éphésiens, au chapitre 3, verset 19 : « de connaître l’amour du Christ qui surpasse la connaissance, pour que vous soyez remplis de toute la plénitude que donne Dieu ». Puisque Jésus a manifesté les qualités de Dieu d’une manière parfaite (Jn 14:9), et que par sa mort en tant qu’homme parfait, il est l’accomplissement de la miséricorde divine, Paul pouvait s’exprimer ainsi. Car la connaissance de Dieu, par le moyen du Christ, surpasse la connaissance humaine.

Cette compréhension permet de porter moins de discrédit au récit d’Abraham, que l’on trouve en train de discuter au sujet de Sodome. Le patriarche se sent libre de dialoguer avec le représentant divin (l’ange), ce qui lui permet de mieux apprécier les qualités de YeHWaH. En effet, Dieu prend plaisir à se faire connaître. Nous pouvons nous aussi tirer leçon de cet excellent récit quant à la manière dont Dieu concilie sa miséricorde et sa justice.

La révélation de la personnalité du Divin, qui est le thème du Livre Sacré, se fera de plus en plus claire avec le temps, selon ce que nous lisons dans le livre d’Isaïe, chapitre 11, verset 9 : « On ne fera aucun mal et on ne causera aucun ravage dans toute ma montagne sainte, car la terre sera assurément remplie de la connaissance de YehWah comme les eaux couvrent la mer ».

Au sujet des qualités divines, le psalmiste a exprimé sous inspiration ce qu’il ressentait. Nous lisons : « Parce que ta bonté de cœur est meilleure que la vie, mes propres lèvres feront ton éloge » (Ps 62 :3). Louer et porter à la connaissance des autres les qualités de Dieu, c'est ce à quoi est poussé toute personne spirituelle, comme le confirme cette déclaration de l'apôtre Pierre : "Aussi devez-vous proclamer bien haut les perfections et les oeuvres merveilleuses de Celui qui vous appelés à passer des ténèbres à son admirable lumière" (1 Pi 2:9; Kuen).

 


Étude et commentaires du Livre Sacré    

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